Prix Elle – Sélection de février

MON AVIS SUR LA SÉLECTION DU MOIS DE février

Dans cette aventure du Grand Prix Elle, je suis assignée au jury de février comme 15 autres lectrices. Nous avons reçu 7 livres (trois romans, deux policiers, deux documentaires) que nous avons dû lire, commenter et noter. Les trois livres qui ont retenu le plus de notes ont été envoyés aux autres jurys.

Les 7 livres reçus:

– Arcadie d’Emmanuelle Bayamack-Tam, Editions P.O.L, 2018, 448 pages –

Résumé de l’éditeur:
La jeune Farah, qui pense être une fille, découvre qu’elle n’a pas tous les attributs attendus, et que son corps tend à se viriliser insensiblement. Syndrome pathologique ? Mutation ou métamorphose fantastique ? Elle se lance dans une grande enquête troublante et hilarante : qu’est-ce qu’être une femme ? Un homme ? Et découvre que personne n’en sait trop rien. Elle et ses parents ont trouvé refuge dans une communauté libertaire qui rassemble des gens fragiles, inadaptés au nouveau monde, celui des nouvelles technologies et des réseaux sociaux. Et Farah grandit dans ce drôle de paradis avec comme terrain de jeu les hectares de prairies et forêts…

Le meilleur roman de cette sélection ! Dérangeant, audacieux, irrévérencieux tout en proposant une écriture franche et sincère.

L’autrice arrive à aborder des sujets tous aussi sensibles les uns que les autres : le troisième genre, le libertinage, la vieillesse, les migrants, les règles, le féminisme… avec une facilité déconcertante et une liberté de ton qui donne un sacré coup de fraicheur !

Pas de faux-semblant ici, c’est cru et sauvage. C’est libérée des contraintes que Emmanuelle Bayamack-Tam nous offre un roman inoubliable tout comme son héroïne ! Je n’aurais pas misé un cent sur ce livre à la lecture des premières pages mais plus j’avançais, plus je me délectais de cette histoire et plus je me sentais à l’aise dans cette Liberty House (aussi bien que les habitants d’ailleurs !)

– Einstein, le sexe et moi d’Olivier Liron, Editions Alma, 2018, 200 pages – 

Résumé de l’éditeur:
« Je suis autiste Asperger. Ce n’est pas une maladie, je vous rassure. C’est une différence. Je vais vous raconter une histoire. Cette histoire est la mienne. J’ai joué au jeu télévisé Questions pour un champion et cela a été très important pour moi. » Nous voici donc en 2012 sur le plateau de France 3 avec notre candidat préféré. Olivier Liron lui-même est fort occupé à gagner ; tout autant à nous expliquer ce qui lui est arrivé. En réunissant ici les ingrédients de la confession et ceux du thriller, il manifeste une nouvelle fois avec l’humour qui est sa marque de fabrique, sa très subtile connaissance des émotions humaines.

Si j’ai aimé les parties où l’auteur se dévoile sur son enfance, sur la vie de sa mère, sur les persécutions de la part des élèves de son école, j’ai été moins séduite par tout ce qui touchait au jeu Questions pour un champion. Ça m’a un peu lassée. J’avoue avoir du mal à comprendre tout l’engouement que ce livre a eu sur internet et sur les réseaux sociaux. Pour moi, c’est un livre sympa mais sans plus. Je n’ai pas non plus été particulièrement séduite par l’écriture. Une petite déception.

Sélectionné dans la catégorie « roman« : Maitres et esclaves de Paul Greveillac, Editions Gallimard, 2018, 464 pages – 

Résumé de l’éditeur:
Kewei naît en 1950 dans une famille de paysans chinois, au pied de l’Himalaya. Au marché de Ya’an, sur les sentes ombragées du Sichuan, aux champs et même à l’école, Kewei, en dépit des suppliques de sa mère, dessine du matin au soir. La collectivisation des terres bat son plein et la famine décime bientôt le village.  Repéré par un garde rouge, Kewei échappe au travail agricole et à la rééducation permanente. Sa vie bascule. Il part étudier aux Beaux-Arts de Pékin, laissant derrière lui sa mère, sa toute jeune épouse, leur fils et un village dont les traditions ancestrales sont en train de disparaître sous les coups de boutoir de la Révolution.  Dans la grande ville, Kewei côtoie les maîtres de la nouvelle Chine. Il obtient la carte du Parti. Devenu peintre du régime, il connaît une ascension sans limite. Mais l’Histoire va bientôt le rattraper.

Cette lecture est exigeante, très. En effet, l’écriture est belle mais assez difficile par moment. Cependant, j’ai beaucoup apprécié tout le côté historique de ce roman. C’est un livre que je pourrais relire plus tard pour m’imprégner encore de cette ambiance particulière.

– Les illusions de Jane Robins, Traduction de Caroline Nicolas, Editions Sonatine, 2018, 360 pages –

Résumé de l’éditeur:
Callie a toujours vécu dans l’ombre de sa sœur, Tilda, à qui tout réussit. Celle-ci est actrice et forme un couple heureux avec Felix, un riche banquier, alors que Callie vit seule et végète dans la librairie où elle travaille. Si elle admire toujours autant sa sœur, elle ne peut néanmoins s’empêcher de penser que quelque chose se cache sous ce vernis de perfection. Tilda ne serait-elle pas sous l’emprise de Felix, dont les comportements obsessionnels sont de plus en plus inquiétants ? Ou bien Callie se fait-elle des illusions ? N’est-ce pas plutôt elle qui a un problème avec la réussite de Tilda ? Lorsque Felix décède d’une crise cardiaque, les relations entre les deux sœurs prennent un tour complètement inattendu.

J’ai trouvé que la qualité d’écriture (et donc de la traduction) était vraiment fade. C’est un point qui m’a empêchée d’être totalement scotchée à l’intrigue.

J’ai aussi déploré le fait que le point sur les jumelles ait si peu été abordé et peu mis en valeur. En fait, je n’ai pas cru une seule seconde à cette histoire de sœurs ! Je n’ai pas compris les réactions de l’une et l’autre et pour moi c’était assez tiré par les cheveux. Je n’ai à aucun moment frissonné.

Sélectionné dans la catégorie « policier » : Les âmes englouties de Suzanne Jansson, Traduction de Marianne SEGOL-SAMOY, Editions Presses de la Cité, 320 pages – 

Résumé de l’éditeur:
Pour travailler à sa thèse de biologie, Nathalie retourne vivre dans sa région natale, au coeur d’une Suède humide et reculée. Dans la petite maison qu’elle habite en forêt, elle se laisse rappeler à son enfance douloureuse, à l’époque où la disparition de la jeune Tracy avait inauguré une succession de drames. Un jour, un cadavre est retrouvé dans la tourbière. Dix années auparavant, déjà, une jeune fille momifiée avait été découverte au même endroit. Bientôt, de nouveaux cadavres affleurent. Alors que la police se met en quête d’un serial killer, Göran, ancien 
professeur de physique, est convaincu que l’endroit est peuplé de revenants. Cette théorie intrigue aussi Maya, photographe judiciaire. Les trajectoires de Nathalie et de ces deux enquêteurs de l’ombre vont se mêler… et de nombreux secrets seront déterrés.

J’ai trouvé ce premier roman réussi malgré quelques longueurs. J’ai surtout apprécié la qualité des descriptions des personnages qui sont si chères aux écrivains suédois. J’ai d’ailleurs trouvé que ce roman avait un petit côté des romans de Camilla Lackberg, et c’est un point très positif !

L’intrigue est bien menée et l’atmosphère des tourbières est retranscrite avec précision pour que je me sente moi aussi parmi cet environnement.

– Le dernier roi soleil – Jean d’Ormesson, secrets et confessions de Sophie des Déserts, Editions Fayard, 288 pages – 

Résumé de l’éditeur:
Il y a déjà un an, l’auteur et académicien Jean d’Ormesson nous quittait. Figure intellectuelle malicieuse et pétillante, l’homme restait toutefois assez mystérieux. Le Dernier Roi Soleil, biographie de Jean d’Ormesson, permet de mieux comprendre la personne qui se cachait derrière la personnalité publique. Cette biographie tout en nuances a été écrite à partir de réflexions personnelles de Jean d’Ormession, de confidences et de témoignages livrés par ses proches et rassemblés par Sophie Des Déserts.

J’y ai trouvé peu d’intérêt.. peut-être parce que je ne suis pas spécialement intéressée par la vie de Jean d’Ormesson qui m’a laissée de marbre.

J’ai appris quelques faits que j’ignorais mais je n’ai pas été très emballée par ce documentaire qui m’a semblé bien plat. J’ai vraiment lu ce livre sans aucun plaisir et en ayant surtout envie que ça s’arrête.

Sélectionné dans la catégorie « documentaire » : Madame, vous allez m’émouvoir de Lucie Tesnière, Editions Flammarion, 412 pages – 

Résumé de l’éditeur:
En 2012, Lucie Tesnière découvre les lettres de son arrière-grand-père, Paul Cabouat, médecin dans les tranchées pendant la Grande Guerre. Elle commence alors une enquête qui va la mener sur les traces de sa famille à travers les deux guerres mondiales et changer le cours de sa vie. En fouillant dans les archives et en interrogeant les descendants, elle met au jour des histoires incroyables, mêlant Résistance, collaboration, amours, amitiés et trahisons.
À travers le récit captivant de cette famille, agrémenté de photos et de nombreux témoignages d’époque, c’est une histoire de la France au XXesiècle qui se dessine au fil des pages.
Un livre d’une puissance émotionnelle rare.

Quel témoignage intéressant et surtout quel courage de la part de Lucie Tesnière ! J’ai adoré la suivre dans cette enquête familiale, la voir s’émouvoir à chaque découverte. La ténacité dont elle a fait preuve est remarquable, elle n’a rien lâché et a permis à sa famille de connaitre tout un pan de l’Histoire qui leur était inconnue. J’ai trouvé le tout bien écrit et surtout très clair ! Mais ce qui m’a beaucoup plu c’est le fait qu’elle ait eu envie de tout dire, de ne rien cacher.

Ce genre de témoignage donne envie de se lancer dans la récolte des histoires de ses grands-parents.


Sélection de septembre

Sélection d’octobre

Sélection de novembre

Sélection de décembre

Sélection de janvier

On se retrouve pour les prochaines sélections?

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15 réflexions sur “Prix Elle – Sélection de février

  1. Elle - Twin Books dit :

    J’ai fait partie du jury l’année passée et ce fut une année riche en découvertes ! Je n’ai pas encore lu Arcadie mais j’en ai entendu du bien, j’ai dû lire Maîtres et esclaves pour un autre prix et, comme toi, j’ai aimé le contexte historique malgré le caractère exigeant du roman. Pour ma part, j’ai bien aimé le livre de Liron mais j’aime bien l’émission et je comprends que les nombreux passages détaillées dessus peuvent lassées 😉

    Aimé par 1 personne

  2. ceciloule dit :

    J’ai adoré Maîtres et Esclaves, exigeant en effet mais le jeu en vaut la chandelle ! Et Arcadie, trop « cru et sauvage » pour moi, justement, même si le sujet est intéressant. Sa manière de faire parler les jeunes m’a gênée et j’ai trouvé que ça sonnait faux… simple avis !

    Aimé par 1 personne

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