Le singe de Hartlepool – Lupano & Moreau

Des hommes petits, imbibés de nationalisme, ont pendu un singe ! Ah, elle est encore loin, la modernité, c’est moi qui te le dis !

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Les Fragiles– Cécile Roumiguière

Elle se force à être gaie, ce qui est certainement la plus profonde façon d’être triste.

Les premiers mots

Drew.
Drew Castan, dix-sept ans, toutes mes dents. Drew, Drew Castan… Arrête Drew! La tempête, les images. Faut les bloquer. Des bulles acides. Les crever. Je voudrais vomir.
J’ai envie de vomir depuis l’âge de neuf ans, depuis ce jour où mon père a lancé ce « sale nègre » par la vitre de la camionnette. Pas son premier « sale nègre », mais ce jour-là, le nègre c’était Ernest, le gardien du stade. Ernest qui m’encourageait tous les mercredis depuis deux ans chaque fois que je flanchais. Ce mercredi-là, il a traversé en dehors des clous, il aurait pas dû.

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Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur – Harper Lee

Jem me contrariait parfois au point de me donner des envies de meurtres mais, au fond, il était tout ce que j’avais.

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Les premiers mots

Mon frère Jem allait sur ses treize ans quand il se fit une vilaine fracture au coude mais, aussitôt sa blessure cicatrisée et apaisées ses craintes de ne jamais pouvoir jouer au football, il ne s’en préoccupa plus guère. Son bras gauche en resta un peu plus court que le droit; quand il se tenait debout ou qu’il marchait, le dos de sa main formait un angle droit avec son corps, le pouce parallèle à la cuisse. Cependant, il s’en moquait, du moment qu’il pouvait faire une passe et renvoyer le ballon.

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Magic Time – Doug Marlette

Ne viens pas dans le Mississippi pour sauver l’homme noir. Viens uniquement si tu es conscient que ta liberté et la sienne sont une seule et même chose.

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Les premiers mots

Carter Ransom se réveilla, pelotonné à l’arrière de la Mercury Grand Marquis de sa soeur. Le clic-clac régulier des pneus sur les bandes rugueuses perça le brouillard chimique qui lui obscurcissait l’esprit et, prenant appui sur ses avant-bras, il jeta un coup d’oeil par la vitre. Ils filaient le long de la route monotone à travers la Black Belt Mississippi, une région qui devait son nom à la couleur de sa terre et à sa population.

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Des hommes – Laurent Mauvignier 

Je voudrais savoir si l’on peut commencer à vivre quand on sait qu’il est trop tard.

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Les premiers mots

          Il était plus d’une heure moins le quart de l’après-midi, et il a été surpris que tous les regards ne lui tombent pas dessus, qu’on ne montre pas d’étonnement parce que lui aussi avait fait des efforts, qu’il portait une veste et un pantalon assortis, une chemise blanche et l’une de ces cravates en Skaï comme il s’en faisait il y a vingt ans et qu’on trouve encore dans les solderies.
Aujourd’hui, on dira qu’il ne sentait pas trop mauvais. On n’ironisera pas sur le fait qu’il viendra manger à l’œil et que pour une fois il n’aura pas à faire semblant d’arriver à l’improviste. On l’appellera Feu-de-Bois comme depuis des années, et certains se souviendront qu’il a un vrai prénom sous la crasse et l’odeur de vin, sous la négligence de ses soixante-trois ans.

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Le temps où nous chantions – Richard Powers 

L’oiseau et le poisson peuvent tomber amoureux

Mais où construiront-ils leur nid?

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(On dirait bien que le livre a souffert…)

RésuméTout commence en 1939, lorsque Delia Daley et David Strom se rencontrent à un concert de Marian Anderson. Peut-on alors imaginer qu’une jeune femme noire épouse un juif allemand fuyant le nazisme ? Et pourtant… Leur passion pour la musique l’emporte sur les conventions et offre à leur amour un sanctuaire de paix ou, loin des hurlements du monde et de ses vicissitudes, ils élèvent leurs trois enfants. Chacun d’eux cherche sa voix dans la grande cacophonie américaine, inventant son destin en marge des lieux communs. Peuplé de personnages d’une humanité rare, Le temps ou nous chantions couvre un demi-siècle d’histoire américaine, nous offrant, au passage, des pages inoubliables sur la musique.

Les premiers mots:

    Quelque part dans une salle vide, mon frère continue de chanter. Sa voix ne s’est pas encore estompée. Pas complètement. Les salles où il a chanté en conservent encore l’écho, les murs en retiennent le son, dans l’attente d’un futur phonographe capable de les restituer.
Mon frère Jonah se tient immobile, appuyé contre le piano. Il a juste vingt ans. Les années soixante ne font que commencer. Le pays finit de somnoler dans sa feinte innocence. Personne n’a entendu parler de Jonah Strom en dehors de notre famille – du moins ce qu’il en reste.

Il y a des livres qu’on ne peut s’empêcher d’ouvrir une fois acheté ou offert.

Il y a des livres qu’on fait patienter pendant des années dans sa bibliothèque et une fois lus, on se dit  » Pourquoi ai-je attendu autant de temps? » Lire la suite