En Italie, il n’y a que des vrais hommes – Luca de Santis & Sara Colaone

Tout le monde ici, me dit que je ne comprends pas! Eh bien, vous n’avez qu’à m’expliquer, brigadier, parce que moi, vraiment, je ne comprends pas…pourquoi je suis là?!

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Prologue

Il y a ces histoires que l’on trouve partout dans les rayons des librairies et qui ont comme sujet récurrent les tueurs en série. Et puis il y a les autres…qui semblent se cantonner aux bibliothèques des universités. La persécution des homosexuels en Italie en fait partie. Ce pays a utilisé, contre ses lesbiennes et ses gays, une arme souvent plus sournoise que la répression brutale: le silence.

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La guerre n’a pas un visage de femme– Svetlana Alexievitch 

Sur les conseils d’une amie, je me suis lancée dans le dernier prix Nobel de littérature. Et ce fût beau.

IMG_20160524_160150Résumé

La Seconde Guerre mondiale ne cessera jamais de se révéler dans toute son horreur. Derrière les faits d’armes, les atrocités du champ de bataille et les crimes monstrueux perpétrés à l’encontre des civils se cache une autre réalité. Celle de milliers de femmes russes envoyées au front pour combattre l’ennemi nazi.

Les premiers mots

J’écris un livre sur la guerre… Moi, qui n’ai jamais aimé lire des livres de guerre, bien qu’en mon enfance et mon adolescence ce fût la lecture préférée de tous. De tous les garçons et filles de mon âge. Et cela n’avait rien d’étonnant: nous étions les enfants de la Victoire. Les enfants des vainqueurs.

On entre dans ce livre en sachant pertinemment qu’on n’en ressortira pas indemne. Lire la suite

Et je renaîtrai de me cendres – Laurence Finet

EXE-COUV FINET.inddRésuméIl est des livres qui s’insinuent en nous. Des histoires qui commencent avec la légèreté du vol d’une abeille qui entre en bourdonnant par la fenêtre. L’histoire de Laurence Finet — son histoire ?— en fait partie. Un mari aimant, quatre beaux enfants, un travail sans doute trop prenant mais peu importe, demain c’est les vacances…
Et puis l’abeille pique. Et la douleur provoquée par la piqûre rappelle une autre blessure, plus ancienne. Nous voici alors inexorablement emportés. Derrière la légèreté du ton, des mots jetés, une accumulation de maux que l’on aurait crue inexprimable. Avec une grande pudeur et une bonne dose d’humour, Laurence Finet raconte les épreuves traversées, sans rien nous épargner. Et c’est grâce à une infinie délicatesse qu’elle parvient à nous faire ressentir toute la violence et l’horreur de ce qu’elle a dû endurer : « J’ai parlé. J’ai vomi des bribes de mon passé avec une telle violence que je me demande comment j’arrive encore à respirer. »
Un témoignage soutenu par la force implacable du réel mais qui se lit comme un roman. Une fois refermé, plus d’autre choix que de respirer l’air et la vie à pleins poumons.

Les premiers mots

Posé sur la table au milieu des bols du petit déjeuner, mon mobile a vibré, annonçant l’arrivée d’un nouveau sms : c’est Mathilde, notre aînée, partie tôt ce matin au collège.
– Je t’aime, Maman, prends soin de toi. (Smiley.)
Début de journée classique avant le grand rush pour l’école. Comme à accoutumée, notre maison retentit d’appels et de cavalcades effrénées dans les escaliers.
– Tu peux m aider, Maman ?
– J’ai perdu mon cahier.
– Les enfants, dépêchez-vous, vous allez être en retard.
J’ai aidé Juliette à lacer ses chaussures, recoiffé la chevelure emmêlée d’Elodie, rajusté le col d’Alexis. Une dernière recommandation et ils filent tous les trois à l’école, accompagnés par Frédéric.
– Attends-moi, Alexis.

Alexis galope déjà, le cartable lourdement chargé sur son dos, suivi de près par Elodie.
Juliette resserre ses petits bras autour du cou de mon mari.

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