L’oeil soldat – Larry Tremblay

les mots tombent sur la terre
la transforment en boue
les mots entrent dans ses entrailles
lui volent sa pesanteur

Les premiers mots

En ce temps si proche
Dieu est partout
et personne
ne l’assassine

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Et au pire, on se mariera – Sophie Bienvenu

Ca a l’air de rien, comme ça, treize ans, pour toi qui en a genre… mille, mais pour moi, c’est comme… toute ma vie. C’est long, longtemps, toute une vie, même si c’est juste treize ans.

Les premiers mots

Ouais, Aïcha, c’est vraiment mon prénom.
À cause de la chanson, tu sais? Non, tu sais pas. Personne la connait, mais c’est pas grave. Je sais que j’ai plutôt la tête à m’appeler Rosalie ou Camille, mais je m’appelle Aicha. Aïcha Saint-Pierre.

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Roux clair naturel – Fanie Demeule

Ma couleur à moi. Douce, lumineuse, subtile, légèrement épicée. Le coup de diapason entre mes cheveux et le reste.

Les premiers mots

J’observe ma tête qui se reflète dans cette fenêtre derrière toi.
Le halo de mes cheveux reluit, exacerbé par le point d’orgue du couchant. J’incarne cette figure dont tu as toujours rêvé.
Et toi, tu me murmures ce que je veux entendre. Les mêmes mots.
Mon reflet acquiesce.

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La garçonnière – Mylène Bouchard

Dans l’amour impossible, lorsqu’on pose la question Tu m’aimes-tu, la réponse est toujours oui.

Les premiers mots

Abitibi, Lac-Saint-Jean.
Chacun sa région natale. C’est de là qu’ils proviennent respectivement. Elle est née dans la partie Noranda de la ville. Au pied des cheminées qui crachent des résidus d’ordinateurs passés de mode. Près du lac huileux dans lequel il est formellement interdit de se tremper un orteil.

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Prendre corps – Catherine Voyer-Léger

ÉPAULES
C’est un geste qui appelle l’univers. Un geste d’enfant qui aime gros comme ça. Et, même si, d’un majeur à l’autre, l’univers de leurs deux bras ne fait pas cinquante centimètres, on sait que le geste représente toute l’amplitude du cœur. Le nécessaire pour embrasser les possibles.

Les premiers mots

FLANC
Mon corps: un corps creux. Mon dos seul subsiste, surface de flottaison. Mon corps: un canot.
L’air comme rabot tente d’éliminer une douleur qui persiste; d’éradiquer l’abandon qui me moisit au flanc. Creuse encore, douleur persistante. Creuse au risque de te fendre.
Mon corps est flottant. Pour l’instant.

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