Prix Elle – Sélection octobre

Hop, hop, je reviens sur la pointe des pieds après une quinzaine de jours d’absence avec mon avis sur la sélection du mois d’octobre pour le Prix Elle. Lire la suite

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De bois debout – Jean-François Caron

À quinze ans déjà, quoi qu’en eût dit le père, j’aimais ce que faisaient les livres aux gens.

Les premiers mots

La mort du père

Je l’ai vu mourir. Je viens de voir mourir le père, que je me répète en courant. Branches qui fouettent, autres qui craquent sous mon pas, je fais du bruit, me fais du mal, ne peux pas m’en empêcher, ne peux pas m’en empêcher de courir dans le bois: je viens de voir mourir le père.
Mon père.

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Manikanetish– Naomi Fontaine

Très loin d’être naïfs, ces jeunes avaient conscience de la vie et de la mort, de la souffrance et des moments heureux. Où prenaient-ils toute cette force?

Les premiers mots

Revenir est la fatalité. Dans ce tout petit village, cette nature épineuse, sablonneuse, imaginée de toutes pièces depuis mon enfance, immuables souvenirs.
Dans ma rue, au bord de la baie, je me fondais dans la masse.
Moi la petite fille tranquille. Je pleurais si peu bébé, que ma mère bousculait mon sommeil s’assurant de mon souffle. Je pleurais si peu enfant, que ma mère m’avait oubliée sur les marches de l’escalier. Plus tard, l’étrange justice de la vie a rattrapé chacune de mes larmes.

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Le jeu de la musique– Stéfanie Clermont

Elle guette les occasions de commencer à vivre « vraiment », qui ne viennent pas.

Les premiers mots

C’était un lieu vivant, sans obligations, où de l’eau propre (ou qu’on pourrait croire propre) avait, on ne sait plus comment, trouvé les tuyaux et rempli d’anciens réservoirs gros comme des petites piscines creusées où des bancs de poissons rouges et blancs vivaient, mystérieusement, été après été.

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L’orangeraie – Larry Tremblay

Celui qui a le courage de s’élever embrasse d’un seul coup d’oeil toute sa vie. Et aussi toute sa mort.

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Les premiers mots

Si Amed pleurait, Aziz pleurait aussi. Si Aziz riait, Amed riait aussi. Les gens disaient pour se moquer d’eux: « Plus tard ils vont se marier ». Leur grand-mère s’appelait Shahina. Avec ses mauvais yeux, elle les confondait tout le temps. Elle les appelait ses deux gouttes d’eau dans le désert. Elle disait : « Cessez de vous tenir par la main, j’ai l’impression de voir double. » Elle disait aussi : « Un jour, il n’y aura plus de gouttes, il y aura de l’eau, c’est tout. » Elle aurait pu dire : « Un jour, il y aura du sang, c’est tout. »

C’est une douce odeur d’oranges qui m’a accompagnée tout au long de ce douloureux récit.  Lire la suite