Et si l’amour c’était aimer? – Fabcaro

– Vous savez je sors d’une histoire sentimentale un peu compliquée…
– C’est-à-dire?
– Elle était vendeuse à Natures et Découvertes…
– Je suis désolée…

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Aux noces de nos petites vertus – Adrien Gygax 

Au bal masqué, nous voulions être les derniers arrivés et les premiers partis.

Les premiers mots

Je ne voulais pas y aller, moi, mais ils m’ont convaincu. Quelque chose jaillissait du monde pour me débaucher, toujours. Je savais que je traînais un peu de ma répugnance derrière moi en montant dans le train, j’en avais toujours un peu avec, ça me rendait ce monde plus digeste. J’aurais préféré le voir en photographies, ce mariage, plutôt que de traverser l’Europe avec ma valise et mes envies de marche arrière.

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Surface de réparation– Olivier El Khoury

Je suis né sans encombre, sans résistance. Dans un flegme insolent qui me collerait à la peau et me sauverait de l’emprise de ma destinée pathétique. 

Les premiers mots

C’est pas qu’il m’aimait pas mon père, ou qu’il était pas heureux de me voir arriver, non. C’est pas pour ça qu’il a pesté quand il a appris la nouvelle. J’arrivais au mauvais moment, tout simplement. Question de timing. En y repensant, j’aurais sans doute réagi de la même manière. Si mon gamin avait décidé de naître au moment précis où le Club de Bruges était mené au score contre le rival invétéré à deux journées de la fin du championnat, on n’aurait pas pu me décoller de l’écran pour me cloîtrer dans une chambre d’hôpital à entendre ma femme et mon marmot brailler en choeur. 

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Les optimistes meurent en premier– Susin Nielsen

Il s’est accroché à moi, et je me suis accrochée à lui. Ensemble, nous avons réussi à ne pas tomber.

Les premiers mots

La première fois que j’ai vu l’Homme bionique, j’étais couverte de paillettes. C’était un vendredi après-midi comme les autres à l’atelier ART-PSY. J’essayais d’aider Ivan le Terrible à terminer un de nos projets d’art-thérapie plus débiles les uns que les autres.

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N’essuie jamais de larmes sans gants– Jonas Gardell

Leur seule chance résidait dans le silence. Leur seule possibilité d’exister résidait dans l’invisibilité. Dans la marge. Dans le pli, comme la vermine.

Les premiers mots

Cette journée d’août s’en est allée sans un nuage dans le ciel, mais à travers les fenêtres condamnées du service d’isolement l’été ne pénètre pas.
L’homme dans le lit est terriblement amaigri et marqué par un sarcome de Kaposi au stade avancé. Il n’a plus que quelques jours à vivre.
Habituellement, ce syndrome ne touche que les hommes âgés issus du pourtour méditerranéen et progresse avec une telle lenteur que les malades finissent par mourir d’autres complications. Or, depuis un certain temps, une multitude de cas ont été rapportés, surtout aux Etats-Unis, où cette forme de cancer s’est montrée beaucoup plus agressive.

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