Arrête avec tes mensonges!– Philippe Besson

Je me dis que ce n’était pas une histoire de corps, mais de nécessité.

 

Les premiers mots

C’est la cour de récréation d’un lycée, une cour goudronnée cernée de bâtiments anciens aux fenêtres  et hautes, à la pierre grise.
Des adolescents, sac à dos ou cartable posé aux pieds, discutent par petits groupes, les filles avec les filles, les garçons avec les garçons. Si on observe attentivement, on repérera un surveillant, à peine plus âgé.

 

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Nos âmes la nuit– Kent Haruf

Tu veux que je vienne ce soir? demanda Louis.
T’as intérêt, espèce de vieux dégoûtant.

Les premiers mots

Et puis il y a eu ce jour où Addie Moore rendit visite à Louis Waters. C’était un soir de mai juste avant qu’il fasse complètement nuit.
Ils habitaient  à un pâté de maisons l’un de l’autre dans Cedar Street, le plus vieux quartier de la ville, où des ormes, des micocouliers et un érable solitaire poussaient le long du trottoir en bordures des pelouses vertes qui s’étendaient jusqu’au bâtisses à deux étages. Il avait fait chaud dans la journée mais là, avec le soir, la fraîcheur était tombée. Addie remonta le trottoir sous les arbres puis tourna dans l’allée de Louis.
Quand Louis vint ouvrir elle demanda: Pourrais-je entrer vous parler de quelque chose?

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Le garçon – Marcus Malte

Et de grâce faites que le mystère perdure. L’indéchiffrable et l’indicible.

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Les premiers mots

Même l’invisible et l’immatériel ont un nom, mais lui n’en a pas. Du moins n’est-il inscrit nulle part, sur aucun registre ni aucun acte officiel que ce soit. Pas d’avantage au fond de la mémoire d’un curé d’une quelconque paroisse. Son véritable nom. Son patronyme initial. Il n’est pas dit qu’il en ait jamais possédé un. Plus tard, au cours de l’histoire, une femme qui sera pour lui soeur, amante et mère, lui fera don du sien, auquel elle accolera en hommage le prénom d’un célèbre musicien qu’elle chérissait entre tous.

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Les jours fragiles – Philippe Besson

Nous sommes une famille disloquée, détraquée. Avons-nous jamais été autre chose?

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Les premiers mots

Vendredi 22 mai

Dans notre famille, les hommes ne restent pas.
Vrai, quand on y songe, ils n’ont jamais rien fait d’autre que s’éloigner, prendre le large, et s’affranchir de nous, les femmes, condamnées à demeurer au pays, reliées à la terre. Je n’ai cessé de me demander d’où ils tenaient cette attirance pour d’autres ciels, alors que le ciel est le même partout.

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