Trois saisons d’orage– Cécile Coulon

Là-bas les corbeaux volent sur le dos pour ne pas voir la misère

Les premiers mots

La maison, ou ce qu’il en reste, surplombe la vallée; ses fenêtres, quatre grands yeux vides, veillent, à l’est du massif des Trois-Gueules.
Les Fontaines, ce village minuscule, tachent le paysage, morceau de craie dérivant au cœur d’une mer végétale et calcaire.

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Fracking– François Roux

Deux mondes parallèles profitant des ressources du même sol, l’un horizontal, l’autre vertical,se confondaient sous ses yeux.

Les premiers mots

Les opérations, qui réquisitionnaient une superficie équivalente à celle d’un terrain de football, s’apparentaient à bien des égards à une scène de guerre, ne serait-ce que par la violence du bruit alentour.

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Une mort très douce– Simone de Beauvoir

Pour moi, ma mère avait toujours existé et je n’avais jamais sérieusement pensé que je la verrai disparaitre un jour, bientôt.

Les premiers mots

Le jeudi 24 octobre 1963, à quatre heures de l’après-midi, je me trouvais à Rome, dans ma chambre de l’hôtel Minerva; je devais rentrer chez moi le lendemain par avion et je rangeais des papiers quand le téléphone a sonné. Bost m’appelait de Paris:  » Votre mère a eu un accident », me dit-il.

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Maria– Angélique Villeneuve

Maria sait la couleur des gens, la couleur des sons et des odeurs. Les couleurs invisibles sont son secret et son privilège.

Les premiers mots

Tant de nuits ont passé depuis celle où le bébé est arrivé, où William est parti.
Allongée dans son lit, elle se tient les yeux grands ouverts dans l’immensité noire, les jambes raides comme deux spatules de bois. La couette est remontée à la limite inférieure des cils. Il fait nuit dans la chambre, à peine, le long de la fenêtre dont les stores sont baissés, un filament de lumière blanche perce-t-il la matière de l’obscurité.

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Grâce – Delphine Bertholon

Ma mère avait toujours eu si peur de vieillir……J’ai grandi dans un monde peuplé de miroirs, dans lesquels ma solitude se démultipliait.

Les premiers mots 

Moje Kochanie,
Quand rentres-tu?
Je t’écris mais nulle part où envoyer, nulle part dans ton monde sans boîte aux lettres, tes voyages, le travail je sais bien mais ce soir, il faut que je te parle. Tout à l’heure, j’ai parlé dans mon lit, je t’ai parlé comme on parle à Dieu, mais ça ne marchait pas.

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