Les optimistes meurent en premier– Susin Nielsen

Il s’est accroché à moi, et je me suis accrochée à lui. Ensemble, nous avons réussi à ne pas tomber.

Les premiers mots

La première fois que j’ai vu l’Homme bionique, j’étais couverte de paillettes. C’était un vendredi après-midi comme les autres à l’atelier ART-PSY. J’essayais d’aider Ivan le Terrible à terminer un de nos projets d’art-thérapie plus débiles les uns que les autres.

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Le journal malgré lui de Henry K.Larsen– Susin Nielsen

Papa et moi, nous partageons une solitude d’un genre différent. Le genre que l’on éprouve même quand on est entouré de monde, parce qu’on sait que quelque chose, ou quelqu’un, vous manque.

Les premiers mots

Le saviez-vous? Le mot « psychologie » vient du grec « psyché ». Il signifie étude de l’esprit.
Je voudrais bien qu’on arrête d’étudier le mien, d’esprit. C’est trop glauque, de faire ça. Mais papa dit que je n’ai pas le choix.
Cecil n’a pas une tête de psychologue, cela dit. Déjà, il s’appelle Cecil.

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Marcher droit, tourner en rond-Emmanuel Venet 

Au fond je n’aime pas les cérémonies des funérailles parce que leurs tissus de mensonges me ramènent à la vraie vie.

Les premiers mots

Je ne comprendrai jamais pourquoi, lors des cérémonies de funérailles, on essaie de nous faire croire qu’il y a une vie après la mort et que le défunt n’avait, de son vivant, que des qualités. Si un dieu de miséricorde existait, on se demande bien au nom de quel caprice il nous ferait patienter plusieurs décennies dans cette vallée de larmes avant de nous octroyer la vie éternelle; et si les humains se conduisaient aussi vertueusement qu’on le dit après coup, l’humanité ne connaîtrait ni les guerres ni les injustices qui déchirent les âmes sensibles.

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La langue des bêtes– Stéphane Servant

Celui qui sait lire peut comprendre le monde. Celui qui écrit peut le changer.

Les premiers mots

Les renards arrivent avec la nuit.
La Petite les entend avant de les voir.
Leurs pattes comme des marteaux d’orfèvres font sonner l’écrin brun des bois.
Une minuscule tambour fouetté par les doigts têtus de l’automne naissant.
Au-delà des carcasses de voitures, là-bas, à la lisière de la forêt, les brindilles claquent, les carapaces craquent. Partout, les lapereaux frissonnent. Et les renards tremblent bien plus qu’eux. 
La Petite le sent.

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Histoire du garçon qui courait après son chien qui courait après sa balle– Hervé Giraud

Nous, on est papa, maman, le chien, ma sœur et moi.

Les premiers mots

On était trois comme les trois doigts de la main ( de la tortue Ninja); on était réunis dans le ventre de ma mère et on a grandi ensemble: Cali ma soeur, Rubens le chien et moi.
Souvent, on s’asseyait au bord de la rivière, épaule contre épaule, le chien au milieu. On regardait dans la même direction.

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