Marcher droit, tourner en rond-Emmanuel Venet 

Au fond je n’aime pas les cérémonies des funérailles parce que leurs tissus de mensonges me ramènent à la vraie vie.

Les premiers mots

Je ne comprendrai jamais pourquoi, lors des cérémonies de funérailles, on essaie de nous faire croire qu’il y a une vie après la mort et que le défunt n’avait, de son vivant, que des qualités. Si un dieu de miséricorde existait, on se demande bien au nom de quel caprice il nous ferait patienter plusieurs décennies dans cette vallée de larmes avant de nous octroyer la vie éternelle; et si les humains se conduisaient aussi vertueusement qu’on le dit après coup, l’humanité ne connaîtrait ni les guerres ni les injustices qui déchirent les âmes sensibles.

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La langue des bêtes– Stéphane Servant

Celui qui sait lire peut comprendre le monde. Celui qui écrit peut le changer.

Les premiers mots

Les renards arrivent avec la nuit.
La Petite les entend avant de les voir.
Leurs pattes comme des marteaux d’orfèvres font sonner l’écrin brun des bois.
Une minuscule tambour fouetté par les doigts têtus de l’automne naissant.
Au-delà des carcasses de voitures, là-bas, à la lisière de la forêt, les brindilles claquent, les carapaces craquent. Partout, les lapereaux frissonnent. Et les renards tremblent bien plus qu’eux. 
La Petite le sent.

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Histoire du garçon qui courait après son chien qui courait après sa balle– Hervé Giraud

Nous, on est papa, maman, le chien, ma sœur et moi.

Les premiers mots

On était trois comme les trois doigts de la main ( de la tortue Ninja); on était réunis dans le ventre de ma mère et on a grandi ensemble: Cali ma soeur, Rubens le chien et moi.
Souvent, on s’asseyait au bord de la rivière, épaule contre épaule, le chien au milieu. On regardait dans la même direction.

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Quatre coeurs imparfaits – Véronique Ovaldé & Véronique Dorey

IMG_20160824_093705Les premiers mots

Rosa Luisa avait eu trois sœurs.
La plus jeune était folle, la deuxième était pute, la troisième était morte.
J’étais la fille de la troisième et j’habitais avec Rosa Luisa, l’aînée des sœurs.
Je me souviens que Rosa Luisa devait bien avoir cent ans et qu’elle était vierge.
Il y avait donc Rosa Luisa la vierge, Maria Cristina ma mère morte, Mercedes la pute et Pepina la folle.

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