Les bâtisseurs du vent – Aly Deminne

Les plus grands voleurs du monde sont les mieux lotis. La plupart d’entre eux ne se contentent plus de ne voler que le solide. Ils volent aussi l’impalpable : la dignité, la gentillesse, la charité. Ils volent la justice aussi.

Les premiers mots

Le père de Maksim Vladimirovitch Voronov, Vladimir Ilitch, avait une curieuse mais douce réflexion sur la richesse; réflexion qu’il aimait lâcher dans le petit logis des Voronov, rue Munovskaya de Voronej: « Pauvre est le riche qui considère toujours son tout comme pas assez. Riche est le pauvre qui parvient toujours à faire du peu qu’il a son suffisant. De fait, il vaut mille fois mieux être un pauvre riche qu’un riche pauvre. »

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Pombo Courage – Emile Cucherousset & Clémence Paldacci

Il fut donc décidé que Pombo n’en ficherait pas une, mais donnerait son avis sur tout.

Les premiers mots

Pombo était d’un naturel paresseux. Il passait son temps à rêvasser, les pieds bien au chaud dans ses pantoufles. Il s’installait sur son fauteuil à bascule devant sa maison et laissait son imagination faire le reste.

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L’arrêt du coeur ou comment Simon découvrit l’amour dans une cuisine – Agnès Debacker & Anaïs Brunet 

Je pense aux théières à vœux. je pense à la vie, comme elle est surprenante, triste et belle à la fois.

Les premiers mots

J’entre dans la minuscule loge de Françoise, la concierge de mon immeuble. Elle est assise à sa table, une grille de mots croisés sous les yeux. La table et les trois chaises occupent presque toute la place.

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Ce soir je le fais / Ce soir je le quitte– Cathy Ytak

Au fond, toutes les premières fois sont difficiles.
S’aimer, se quitter. Est-ce qu’on s’habitue à ça, dans la vie…?

Ce soir je le fais:
J’ai joué avec mon téléphone en le retournant dans tous les sens pendant au moins un quart d’heure pour me calmer, mais le texto de Méline danse toujours sous mes paupières, impossible à oublier: « Si tu ne viens pas chez Emma ce soir, moi non plus ».

Ce soir je le quitte:
J’y arriverai jamais… J’ai jeté sur mon lit un jean froissé, un tee-shirt avec un minuscule trou sur le côté. J’ai pris ce que j’avais sous la main.

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De bois debout – Jean-François Caron

À quinze ans déjà, quoi qu’en eût dit le père, j’aimais ce que faisaient les livres aux gens.

Les premiers mots

La mort du père

Je l’ai vu mourir. Je viens de voir mourir le père, que je me répète en courant. Branches qui fouettent, autres qui craquent sous mon pas, je fais du bruit, me fais du mal, ne peux pas m’en empêcher, ne peux pas m’en empêcher de courir dans le bois: je viens de voir mourir le père.
Mon père.

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