Les optimistes meurent en premier– Susin Nielsen

Il s’est accroché à moi, et je me suis accrochée à lui. Ensemble, nous avons réussi à ne pas tomber.

Les premiers mots

La première fois que j’ai vu l’Homme bionique, j’étais couverte de paillettes. C’était un vendredi après-midi comme les autres à l’atelier ART-PSY. J’essayais d’aider Ivan le Terrible à terminer un de nos projets d’art-thérapie plus débiles les uns que les autres.

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Le pianiste blessé– Maria Ernestam

Et j’espère qu’en ton for intérieur, tu sais que je n’ai jamais voulu te faire du mal.

Les premiers mots

Veronica,
Je crois que j’ai revu James, aujourd’hui.
Je commence ainsi pour que tu continues à lire. Tu n’as jamais répondu quand j’ai essayé de te joindre. J’ai fini par comprendre que c’était peine perdue. Nous n’avons eu aucun contact depuis très longtemps et j’ai du mal à trouver les mots justes. Ces premières lignes à elles seules m’ont déjà pris une demi-heure. 

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Mon Gamin– Pascal Voisine

Pour lui, une chanson ne commençait à devenir intéressante qu’une fois sa durée et son année de fabrication identifiées.

Les premiers mots 

La dernière personne qui connaissait un fragment de la vérité vient  de mourir. Émelyne Perrault, épouse Poivet, née le 19 avril 1953 à Juvancy-le-Château en Picardie, s’est tuée à bicyclette il y a cinq jours lors d’une promenade sur les bords de l’Oise.

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Entre ciel et terre– Jón Kalman Stefánsson

En cas de choix entre la vie et la mort, la plupart des gens optent pour la vie.

Les premiers mots

C’était en ces années où, probablement, nous étions encore vivants. Mois de mars, un monde blanc de neige, toutefois pas entièrement. Ici la blancheur n’est jamais absolue, peu importe combien de flocons se déversent, que le froid et le gel collent le ciel à la mer et que le frimas s’infiltre au plus profond du cœur où les rêves élisent domicile, jamais le blanc ne remporte la victoire.

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Les Fragiles– Cécile Roumiguière

Elle se force à être gaie, ce qui est certainement la plus profonde façon d’être triste.

Les premiers mots

Drew.
Drew Castan, dix-sept ans, toutes mes dents. Drew, Drew Castan… Arrête Drew! La tempête, les images. Faut les bloquer. Des bulles acides. Les crever. Je voudrais vomir.
J’ai envie de vomir depuis l’âge de neuf ans, depuis ce jour où mon père a lancé ce « sale nègre » par la vitre de la camionnette. Pas son premier « sale nègre », mais ce jour-là, le nègre c’était Ernest, le gardien du stade. Ernest qui m’encourageait tous les mercredis depuis deux ans chaque fois que je flanchais. Ce mercredi-là, il a traversé en dehors des clous, il aurait pas dû.

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La Belle rouge– Anne Loyer

Arrête de réfléchir, Marje, arrête!
Pour une fois, Marje, ne réfléchis pas. Agis. Tu verras bien après.

Les premiers mots

Il ne sait même plus pourquoi il est là. Avec sa basket gauche trouée, son blouson ouvert aux quatre vents, son sac à dos à moitié vide, sa caboche pleine à craquer. Il est là. Debout. Raide comme un piquet sur ce bitume sale et lui. En transit. En partance. En attente. Les yeux grands ouverts sur la nuit qui ne veut pas fini. Lourde, opaque, mystérieuse. Et après, il se passe quoi?

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