Océan Mer – Alessandro Baricco 

…que disons-nous lorsque nous disons : mer ? Disons-nous le monstre immense capable de dévorer toute chose, ou cette vague qui mousse à nos pieds? L’eau qui peut tenir dans le creux de la main ou les abysses que nul ne peut voir? Disons-nous tout en un seul mot ou masquons-nous tout sous un seul mot? Je suis là, à quelques pas de la mer, et je n’arrive pas à comprendre où elle est, elle. La mer. La mer.

Les premiers mots

Sable à perte de vue, entre les dernières collines et la mer – la mer – dans l’air froid d’un après-midi presque terminé, et béni par le vent qui souffle toujours du nord.
La plage. Et la mer.
Ce pourrait être la perfection – image pour un œil divin – monde qui est là et c’est tout, muette existence de terre et d’eau, oeuvre exacte et achevée, vérité – vérité -, mais une fois encore c’est le salvateur petit grain de l’homme qui vient enrayer le mécanisme de ce paradis, (…)

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Le tour du monde en 80 jours – Jules Verne 



Il ne voyageait pas, il décrivait une circonférence.

Les premiers mots

En l’année 1872, la maison portant le numéro 7 de Saville-row, Burlington Gardens – maison dans laquelle Sheridan mourut en 1814 -, était habitée par Phileas Fogg, esq., l’un des membres les plus singuliers et les plus remarqués du Reform-Club de Londres, bien qu’il semblât prendre à tâche de ne rien faire qui pût attirer l’attention.

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Une anglaise au Far-West – Isabella L. Bird

Ni vestiges de pas, ni traces de routes. Rien qui pût effrayer cependant, et quoique je ne puisse dire précisément que cette course fût de mon goût, j’avais cependant l’agréable sensation de me porter de mieux en mieux à mesure que j’avançais.

Les premiers mots

J’ai découvert un rêve de beauté que l’on pourrait contempler toute sa vie en soupirant. Ce n’est point charmant comme les îles Sandwich, mais beau d’une manière particulière; une vraie beauté américaine : des montagnes tachées de neige, des pins énormes, des bois rouges, des pins à sucre, des sapins argentés, une atmosphère de cristal, des ondulations d’une couleur admirable ; et, au pied des pins suspendus, un lac qui reflète toute cette splendeur.

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L’île au trésor – Robert Louis Stevenson

Et moi-même, j’allais partir sur la mer, sur la mer dans une goélette, avec un maître d’équipage qui jouerait du sifflet et des marins à catogans qui chanteraient ; sur la mer vers une île inconnue à la recherche de trésors enfouis !

Les premiers mots

Monsieur Trelawney, le docteur Livesey, et tous ces messieurs m’ayant demandé d’écrire ce que je sais de l’Île au Trésor, du commencement à la fin, sans rien omettre, si ce n’est la position exacte de l’île, et cela parce qu’il s’y trouve encore un trésor, je prends la plume en l’an 17…, et retourne à l’époque où mon père tenait l’auberge de l’Amiral-Benbow, et au jour où le vieux marin à la peau basanée et balafrée d’un coup de sabre prit pour la première fois logement sous notre toit.

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Sur la route – Jack Kerouac

C’était un gosse furieusement excité par la vie et s’il était un truqueur, s’il roulait le monde, c’est seulement parce qu’il voulait vivre de toutes ses forces et se mêler aux autres qui, autrement, n’auraient fait aucun cas de lui.

Les premiers mots

J’ai connu Dean peu de temps après qu’on ait rompu ma femme et moi. J’étais à peine remis d’une grave maladie dont je n’ai rien à dire sinon qu’elle n’a pas été étrangère à cette lamentable et déprimante rupture, à mon impression que tout était foutu. Avec l’arrivée de Dean Moriarty commença le chapitre de ma vie qu’on pourrait baptiser « ma vie sur la route ».

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