Souvenirs de Marnie – Joan G. Robinson 

Pourtant, il semblait presque à Anna que la maison l’épiait, la guettait, et avait patiemment attendu qu’elle se retourne et la reconnaisse.

Les premiers mots

Madame Preston, avec son éternel air inquiet, rajusta le chapeau d’Anna.
« Sois sage, lui dit-elle. Amuse-toi, et … reviens-moi heureuse et bronzée…et contente. »
Elle prit la jeune fille dans ses bras et l’embrassa une dernière fois pour qu’Anna se sente aimée, en sécurité, acceptée.

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Mrs Dalloway & Les Vagues – Virginia Woolf 

Elle en était arrivée à penser que la seule chose digne d’être racontée, c’est ce que l’on ressent. L’intelligence était bête. On devait simplement dire ce que l’on ressent.

Il est évident qu’il aurait fallu pour ces deux romans un billet individuel tant il y a de choses à dire. Ici point d’analyses et mais une description de mes ressentis face à ces deux œuvres. Pour rappel, je dois ma découverte de Virginia Woolf avec Une Chambre à soi. J’ai ensuite lu et adoré son Journal de l’écrivain dans lequel les deux romans, dont je vais vous parler, reviennent sans cesse. Il n’en fallait pas plus pour que je les lise à mon tour et heureux hasard, Cynthia m’a offert Mrs Dalloway.

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Une connaissance inutile – Charlotte Delbo 

Alors vous saurez
qu’il ne faut pas parler avec la mort
c’est une connaissance inutile.

Les premiers mots

Les hommes
Nous avions pour les hommes une grande tendresse. Nous les regardions tourner dans la cour, à la promenade. Nous leur jetions des billets par-dessus le grillage, nous déjouions la surveillance pour échanger avec eux quelques mots. Nous les aimions. Nous le leur disions des yeux, jamais des lèvres.

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L’écriture ou la vie – Jorge Semprun 

Il y aurait toujours cette mémoire, cette solitude : cette neige dans tous les soleils, cette fumée dans tous les printemps.

Les premiers mots

Le regard
Ils sont en face de moi, l’œil rond, et je me vois soudain dans ce regard d’effroi : leur épouvante. Depuis deux ans, je suis sans visage. Nul miroir, à Buchenwald. Je voyais mon corps, sa maigreur croissante, une fois par semaine, aux douches. Pas de visage, sur ce corps dérisoire. De la main, parfois, je frôlais une arcade sourcilière, des pommettes saillantes, le creux d’une joue. J’aurais pu me procurer un miroir, sans doute. On trouvait n’importe quoi au marché noir du camp, en échange de pain, de tabac, de margarine. Même de la tendresse, à l’occasion.

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Journal d’un écrivain – Virginia Woolf

Je peux maintenant écrire, écrire, et encore écrire. C’est la sensation la plus délicieuse qui soit au monde.

Les premiers mots

1918
Lundi 5 août
En attendant de faire l’achat d’un cahier où je consignerai mes impressions sur Christina Rossetti pour commencer, puis sur Byron, je vais noter tout cela ici. D’abord il ne me reste plus beaucoup d’argent car j’ai fait des folies avec Leconte de Lisle. Le grand mérite de Christina, c’est d’être un poète-né, ce dont elle semble bien avoir conscience.

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Anne de Green Gables – Lucy Maud Montgomery

Madame Lynde dit que celui qui n’attend rien est heureux, car il ne sera pas déçu. Mais moi, je crois que c’est bien pire de ne rien attendre que d’être déçu.

Les premiers mots

Madame Rachel Lynde habitait à l’endroit précis où la route principale d’Avonlea plongeait dans un petit vallon planté d’aulnes et de fuchsias, et traversé d’un ruisseau qui prenait sa source dans les bosquets de la vieille propriété des Cuthbert; il était connu pour ses méandres impétueux au début de sa course à travers bois, et ses sombres secrets de trous d’eau et de cascades; …

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Les raisins de la colère – John Steinbeck

Femmes et enfants savaient au fond d’eux-mêmes que nulle infortune n’est trop lourde à supporter du moment que les hommes tiennent le coup.

Sur les terres rouges et sur une partie des terres grises de l’Oklahoma, les dernières pluies tombèrent doucement et n’entamèrent point la terre crevassée. Les charrues croisèrent et recroisèrent les empreintes des ruisselets. Les dernières pluies firent lever le maïs très vite et répandirent l’herbe et une variété de plantes folles le long des routes, si bien que les terres grises et les sombres terres rouges disparurent peu à peu sous un manteau vert.

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