Les quatre filles du Docteur March – Louisa May Alcott

Chère Jo, l’amour, le respect et la confiance de mes enfants sont la plus douce récompense que je puisse recevoir de mes efforts pour être la femme que je voudrais leur offrir comme modèle.

Les premiers mots

– Noël ne sera pas Noël sans cadeaux, maugréa Jo, allongée sur le tapis.
– C’est tellement affreux d’être pauvre! soupira Meg en jetant un coup d’œil à sa vieille robe.
– Je trouve injuste que certaines filles aient des tas de jolies choses et d’autres rien du tout, ajouta la petite Amy avec une moue blessée.
– Nous avons notre père et notre mère, et nous nous avons, c’est déjà ça, dit Beth avec contentement depuis son coin.

En voila un joli bonbon de tendresse…
Si je connaissais le film (la version de 1994) presque par cœur et avais déjà une passion dévorante pour le personnage de Jo, si la bande originale du dessin animé (ici) me donne toujours envie de chanter à tue-tête, j’ignorais encore le style et les détails du livre. Quoi de mieux que cette réédition chez Gallmeister pour enfin découvrir la plume de Louisa May Alcott et découvrir que ce livre était basé sur des expériences personnelles de l’autrice.

Quel plaisir de retrouver ces quatre sœurs qui ont chacune une identité propre et un petit quelque chose qui fait qu’on s’attache terriblement à elles. Jo est inlassablement ma favorite grâce à son caractère indépendant et affirmé mais j’ai, tout au long de ma lecture, été tendrement attirée vers Beth, cette sœur qui par son calme et sa gentillesse est un pilier de la famille. Dès l’incipit, nous plongeons dans cette famille grâce à ce dialogue où les quatre sœurs nous sont présentées.

… vous devriez vous souvenir que vous êtres une demoiselle.
– Je n’en suis pas une, et si mes cheveux relevés m’en donnent l’air, je me ferai deux queues jusqu’à ce que j’aie vingt ans, s’écria Jo en arrachant sa résille et secouant ses longs cheveux bruns. Je déteste penser que je deviens grande, que bientôt on m’appellera Miss Marsch, qu’il me faudra porter des robes longues et avoir l’air aussi raide qu’une rose trémière ! C’est déjà bien assez désagréable d’être une fille quand j’aime les jeux, le travail et les habitudes des garçons. Je ne me résignerai jamais à n’être pas un homme. Maintenant c’est pire que jamais, car je meurs d’envie d’aller à la guerre pour vaincre ou mourir avec papa, et je ne puis que rester au coin du feu à tricoter comme une vieille femme !

Si par hasard l’histoire vous est encore inconnue, sachez qu’il s’agit d’une description d’une famille pendant la guerre de Sécession. Le père, pasteur et non docteur, engagé dans les combats, laisse à la maison sa femme et ses quatre filles, Meg, Jo, Beth et Amy. Autrefois, considérés comme une famille riche, les March doivent faire face à l’adversité et à la pauvreté. Chacune des sœurs réagit différemment face à cette situation mais toutes ont à cœur d’aider plus pauvres qu’elles. Elles peuvent compter l’une sur l’autre et aussi sur leur voisin dévoué Théodore, dit Laurie.

Les messages du livre sur le mariage vu comme une obligation sine qua non et la maternité érigée comme un but ultime m’ont quelque fois fait tiquer mais tout est à replacer dans le contexte de l’époque. Cependant la mère (ainsi que le non-conformisme de Jo ❤ ) apporte une vision très novatrice de ce que peut être une femme. Cette mère est un personnage à part et son nom aurait pu être placé dans le titre tellement son importance est grande. La traduction a préféré « Les quatre filles du docteur March » alors que le père a un rôle très minime et qu’il n’apparait que quelques fois de manière succinte, le titre original étant Little Women. Cette mère donne à ses filles les clés pour réussir dans la vie, à se satisfaire d’elle-même, à trouver en elles ce qu’il faut pour être des femmes épanouies.

(Et petit aparté, quand j’étais petite, ces sœurs me faisaient terriblement envie, j’admirais leur complicité et la façon dont elles s’aimaient, je les jalousais (un peu) et désirais aussi à mon tour une sœur pour partager de tels moments.)

– Les quatre filles du docteur March de Louisa May Alcott, nouvelle traduction de Janique Jouin-de Laurens, Editions Gallmeister, septembre 2020, 640 pages –
Première édition en 1868

Le thème « Histoire de famille(s) » est sans contexte un de mes préférés (Merci Natiora pour cette belle idée!) et il se pourrait qu’un article paraisse tous les jours de la semaine tant je me suis régalée de découvrir les célèbres familles de la littérature classique.
Vos histoires : Moka, Céline, Natiora, Alice, Paolina, Pati, …

31 réflexions sur “ Les quatre filles du Docteur March – Louisa May Alcott

  1. Natiora dit :

    Que j’aime cette histoire ! J’ai vu le film (avec Winona Ryder) je ne sais combien de fois. Et j’ai lu le roman ado aussi. Ces petites femmes sont extraordinaires, chacune son caractère. La romantique, la conventionnelle, la chipie, la fougueuse… Comme toi j’adore Jo, c’était mon modèle.
    Je suis contente de lire que tu t’es régalée avec ce thème ☺️

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  2. Ingannmic dit :

    C’est une bonne initiative que celle de Gallmeister de rééditer des « classiques » un peu délaissés .. L’occasion pour certaines lectrices comme moi de lire enfin des titres ayant échappé à notre boulimie de lecture adolescente !

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    • mespagesversicolores dit :

      Le dessin animé passait sur Club Dorothée je crois 😀 (j’ai 33 ans ça explique beaucoup de chose!)
      Je t’encourage à regarder le film de 1994, le casting est top : Winona Ryder, Susan Sarandon, Christian Bale, Claire Danes, Kristen Dunst…
      Et une nouvelle adaptation est aussi sortie en 2019.

      Aimé par 2 personnes

  3. Alice dit :

    Que j’ai aimé regarder le dessin animé ! (merci au passage pour cet instant revival 😉 Mais curieusement je n’ai jamais lu le roman. Cette édition est très belle et il se pourrait bien qu’elle rejoigne mes étagères 😉

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  4. PatiVore dit :

    Ouah, 640 pages, quel courage, mais beau classique 🙂
    Trois « petits » chez moi avec la famille à chaque fois mise à mal sur :
    1. Audience captive d’Ann Warren Griffith (Le passager clandestin, 2016, États-Unis, 1953)
    https://pativore.wordpress.com/2020/11/30/audience-captive-dann-warren-griffith/
    2. L’examen de Richard Matheson (Le passager clandestin, 2019, États-Unis, 1954)
    https://pativore.wordpress.com/2020/11/30/lexamen-de-richard-matheson/
    3. Un Logique nommé Joe de Murray Leinster (Le passager clandestin, 2019, États-Unis, 1946)
    https://pativore.wordpress.com/2020/11/30/un-logique-nomme-joe-de-murray-leinster/
    Bonne continuation, bonnes lectures 🙂

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  5. maghily dit :

    Hoooo cette couverture ! ❤
    Jo était aussi ma préférée quand j'étais enfant.
    Finalement, je n'ai toujours pas été acheter cette petite pépite toute rose mais je pense que je craquerai à ma prochaine virée en librairie.Tu viens de faire remonter mon envie de lire cette histoire en flèche !

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  6. lilly dit :

    Il n’y a que « Little Women » dans cette version ou également ses suites ? J’ai lu une version très mal traduite je crois, beaucoup plus courte et j’avais trouvé ça vieillot… La nouvelle édition me fait de l’oeil en revanche (vive le marketing).

    Aimé par 1 personne

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