Si l’on me tend l’oreille – Hélène Vignal

Mais nous étions libres! Tout se passait bien quand on nous laissait aller et venir. Pourquoi tout changer?

Les premiers mots

Aux Trois Provinces comme ailleurs, on s’arrangeait gentiment du malheur et de l’allégresse, de la violence et de la bonté des êtres. C’était un pays simple, simplement nommé parce qu’il rassemblait trois provinces, celle des Vents Chauds, celle des Vergians et enfin le Littoral.

Si on lui tend l’oreille, elle parle. Grouzna vous livre votre futur, heureux ou sombre, elle ne modifie rien. Allant de foire en foire avec sa roulotte, elle parcourt les Trois Provinces, libre de toute convenance. Comme elle, les ambulants sont toujours attendus par les sédentaires des villages. Qu’ils soient coiffeur, acrobates, ces nomades aiment ce mode de vie. Mais quand le tout nouveau seigneur veut trouver quelque chose pour le mettre en valeur, il n’a rien de mieux à proposer/à obliger que de sédentariser les gens du voyage et les contraindre à rester dans une seule partie du royaume. Adieu roulotte, voyage et indépendance.
Cette décision, Grouzna ne l’accepte pas et elle n’est pas la seule. Elle rencontre sur son chemin des Récalcitrants, ceux qui refusent, ceux pour qui la liberté de se mouvoir est un droit inaliénable et auquel ils ne peuvent se soustraire.

Comme tous les ambulants, elle apprit ainsi que transformer la réalité en histoires permet de la rendre acceptable et de continuer à faire partie du monde.

Liberté, amitié, aventure. Trois mots qui résument à merveille ce roman de littérature jeunesse découvert grâce à Krol. Dès les premières pages, j’ai été embarquée dans cette ambiance de foire. Grouzna et ses amis ont ce courage un peu fou et inconscient de croire que rien ne peut effacer leur vraie nature.

Il est terriblement beau, ce roman. Fait de drames, oui, et pas des moindres, ponctué de douceurs, celles qui sauvent, et magnifié par une magie qui englobe les personnages et les rend sublimes.
J’ai tourné les pages avidement, me joignant à eux, ces hommes et femmes braves et aimants dans ces roulottes de paradis.

Hélène Vignal, dont je rencontre pour la première fois la plume, m’a conquise avec sa belle Grouzna.
Merci à elle de proposer des personnages aussi beaux et humains, où la générosité et la confiance ne leur font pas défaut, où le sens du partage et de la dévotion est porté dans ce qu’il a de plus fort.

Si l’on me tend l’oreille d’Hélène Vignal, Editions du Rouergue, 2019, 288 pages –

11 réflexions sur “ Si l’on me tend l’oreille – Hélène Vignal

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