No Home – Yaa Gyasi

Tu veux savoir ce qu’est la faiblesse? C’est de traiter quelqu’un comme s’il t’appartenait. La force est de savoir qu’il n’appartient qu’à lui-même.

Les premiers mots 

La nuit où naquit Effia dans la chaleur moite du pays fanti, un feu embrasa la forêt, jouxtant la concession de son père. Il progressa rapidement, creusant son chemin pendant des jours. Il se nourrissait d’air; il dormait dans les grottes et se cachait dans les arbres; il brûla, se propagea, insensible à la désolation qu’il laissait derrière lui, jusqu’à ce qu’il atteigne un village ashanti. Là, il disparut, se fondant dans la nuit.

Effia et Esi sont demi-soeurs mais ne se connaissent pas. Leur destin, ainsi que celui de leur famille, nous est conté chapitre par chapitre en donnant la voix à chacun des descendants. Nous découvrons les bateaux d’esclaves, les négriers, les champs de coton, les camps d’esclaves, les villes du Sud de l’Amérique, les villes du Nord… Trois siècles d’Histoire résumés en 480 pages. Et c’est peut-être là que le bât blesse. 

Quey avait passé son temps à pleurer ou à vomir.Sur le bateau, une seule pensée occupait son esprit:le sort que réservait son père aux esclaves.C’était donc ainsi que son père traitait les problèmes. Les mettre dans un bateau, les pousser au large.

Les premiers chapitres m’ont énormément plu grâce aux descriptions de l’horreur des bateaux et des sentiments des personnages. Malheureusement la suite n’a pas été du même acabit.

Les changements de voix m’ont énervée, je n’arrivais plus à m’attacher aux personnages, je voulais en savoir plus sur eux et sur ce qu’ils avaient traversé comme épreuves. En n’accordant que 10 – 15 pages pour chacun d’entre eux, l’auteure a dû couper dans des détails qui auraient été importants pour le lecteur. Je ne voulais tout simplement pas les quitter aussi vite. Passer de l’un à l’autre sans véritable ancrage a gâché mon plaisir. Et c’est bien dommage car le fond est intéressant: ça foisonne de détails, c’est documenté et le tout est bien écrit et surtout c’est remarquable pour un premier roman écrit à 27 ans!

Quand il était jeune, son père lui avait dit que les Noirs n’aimaient pas l’eau parce qu’ils avaient été transportés dans des bateaux négriers. Comment un homme noir aurait-il eu envie de nager? Le fond de l’océan était déjà jonché d’hommes noirs.

Ce livre a fait l’unanimité auprès des blogueurs grâce à son côté fresque familiale  et historique. Malheureusement je penche du mauvais côté.

– No Home de Yaa Gyasi, traduction Anne Damour, Editions Poche, 2018, 480 pages –

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11 réflexions sur “No Home – Yaa Gyasi

  1. flyingelectra dit :

    tu n’es pas la seule, je l’avais emprunté mais tous les BT anglophones lui reprochaient comme toi d’abandonner trop vite les personnages – tous frustrés donc finalement tu n’es pas seule !

    Aimé par 1 personne

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