No Home – Yaa Gyasi

Tu veux savoir ce qu’est la faiblesse? C’est de traiter quelqu’un comme s’il t’appartenait. La force est de savoir qu’il n’appartient qu’à lui-même.

Les premiers mots 

La nuit où naquit Effia dans la chaleur moite du pays fanti, un feu embrasa la forêt, jouxtant la concession de son père. Il progressa rapidement, creusant son chemin pendant des jours. Il se nourrissait d’air; il dormait dans les grottes et se cachait dans les arbres; il brûla, se propagea, insensible à la désolation qu’il laissait derrière lui, jusqu’à ce qu’il atteigne un village ashanti. Là, il disparut, se fondant dans la nuit.

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S’il braille, lâche-le – Chester Himes

Tout ce que je voulais, c’est que les Blancs me laissent tranquille, ne me disent rien, ne me regardent même pas. Ils pouvaient garder leur vacherie de monde et aller se faire foutre avec.

Les premiers mots

J’étais en train de rêver qu’un type me demandait si je voulais un chien et je répondais ouais, j’aimerais bien, alors il est parti et il est revenu avec petit cabot noir qui avait des poils raides, dorés au bout, et des yeux tristes, un peu comme un fox à poil dur.

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Autour de l’esclavage et de la ségrégation en Amérique

 Aux champs, sous terre ou dans un grenier, l’Amérique restait sa geôlière.

Apparemment, je n’en ai pas eu assez.
Après avoir lu le très prenant « Underground Railroad« , je me suis ruée sur « Bluebird » tout en lisant « Ne suis-je pas une femme? » et en terminant ces trois livres, je me dis qu’il me reste beaucoup à apprendre à propos de cette période. 
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Landfall – Ellen Urbani

Un clou dans le pied valait mieux qu’un clou dans l’œil, un trouble bipolaire valait mieux qu’une schizophrénie, un père mort valait mieux qu’un père violent, être coincée dans une zone inondable valait mieux qu’être coincée sous une zone inondable.

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Les premiers mots

Rose Aikens – J’ai les pieds gelés

Pendant près de dix-neuf ans, Rose vécut avec une femme qu’elle connaissait à peine. Elles s’acquittaient de toutes les tâches parallèles qu’on peut attendre d’une vie partagée: Rose faisait la lessive en utilisant le détergent acheté par Gertrude à Walmart avec le coupon du dimanche. Gertrude déposait tous les quignons de pain durci dans une soucoupe ébréchée à côté de l’évier; Rose rassemblait les restes rassis et les donnait aux oiseaux. Rose discutait souvent avec le facteur et rapportait le courrier du jour; Gertrude l’ouvrait.

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Magic Time – Doug Marlette

Ne viens pas dans le Mississippi pour sauver l’homme noir. Viens uniquement si tu es conscient que ta liberté et la sienne sont une seule et même chose.

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Les premiers mots

Carter Ransom se réveilla, pelotonné à l’arrière de la Mercury Grand Marquis de sa soeur. Le clic-clac régulier des pneus sur les bandes rugueuses perça le brouillard chimique qui lui obscurcissait l’esprit et, prenant appui sur ses avant-bras, il jeta un coup d’oeil par la vitre. Ils filaient le long de la route monotone à travers la Black Belt Mississippi, une région qui devait son nom à la couleur de sa terre et à sa population.

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Le temps où nous chantions – Richard Powers 

L’oiseau et le poisson peuvent tomber amoureux

Mais où construiront-ils leur nid?

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(On dirait bien que le livre a souffert…)

RésuméTout commence en 1939, lorsque Delia Daley et David Strom se rencontrent à un concert de Marian Anderson. Peut-on alors imaginer qu’une jeune femme noire épouse un juif allemand fuyant le nazisme ? Et pourtant… Leur passion pour la musique l’emporte sur les conventions et offre à leur amour un sanctuaire de paix ou, loin des hurlements du monde et de ses vicissitudes, ils élèvent leurs trois enfants. Chacun d’eux cherche sa voix dans la grande cacophonie américaine, inventant son destin en marge des lieux communs. Peuplé de personnages d’une humanité rare, Le temps ou nous chantions couvre un demi-siècle d’histoire américaine, nous offrant, au passage, des pages inoubliables sur la musique.

Les premiers mots:

    Quelque part dans une salle vide, mon frère continue de chanter. Sa voix ne s’est pas encore estompée. Pas complètement. Les salles où il a chanté en conservent encore l’écho, les murs en retiennent le son, dans l’attente d’un futur phonographe capable de les restituer.
Mon frère Jonah se tient immobile, appuyé contre le piano. Il a juste vingt ans. Les années soixante ne font que commencer. Le pays finit de somnoler dans sa feinte innocence. Personne n’a entendu parler de Jonah Strom en dehors de notre famille – du moins ce qu’il en reste.

Il y a des livres qu’on ne peut s’empêcher d’ouvrir une fois acheté ou offert.

Il y a des livres qu’on fait patienter pendant des années dans sa bibliothèque et une fois lus, on se dit  » Pourquoi ai-je attendu autant de temps? » Lire la suite