Les guerres silencieuses – Jaime Martin

Ton père, il est comme le reste du monde, il fait tout ce qu’il peut pour ne pas regarder en face ce qui le dérange.

Le narrateur est en panne d’inspiration. Il n’arrive pas à trouver un sujet qui vaille la peine et commence à trouver le temps long. Une visite chez ses parents lui donne l’occasion de toucher du doigt un thème qui pourrait faire l’affaire: le service militaire de son père dans un camps espagnol lors de la guerre d’Ifni qui opposa le Maroc et l’Espagne. Il embarque le journal intime de son père dans lequel celui-ci a écrit ses premiers émois amoureux avec sa future épouse, son service et surtout la désillusion de ce camps. Ces jeunes gars étaient envoyés à Isni, territoire en situation de cessez-le-feu, et ils devaient faire face à un dénuement complet. Les soldats n’étaient pas préparés et étaient mal équipés, comme abandonnés par le gouvernement espagnol. 

Qu’est ce que vous croyez ? ! Que c’était facile pour nous de comprendre ce qui nous arrivait ? Ils nous ont séquestrés pendant 18 mois. Ils nous ont volé notre temps le plus précieux : celui de notre jeunesse. Pour quelle raison je serais allé raconter mes peines à mes parents ? Ou à votre mère ?

C’est en cherchant « Jamais je n’aurai 20 ans » de Jaime Martin que je suis tombée sur cette bande dessinée écrit en 2013. Et je ne suis pas déçue du voyage! L’auteur nous offre une virée dans l’Espagne des années 50 et rend surtout hommage à ses parents et à leur belle histoire d’amour. 

J’ai découvert tout un pan de l’histoire espagnole que j’ignorais et que l’auteur lui-même ne savait pas! En dehors de toute la vie du camp, Jaime Martin se penche aussi sur la vie de sa mère, restée au pays. C’était une jeune femme qui était partagée entre ses désirs d’indépendance et les obligations pour une jeune fille de se marier et d’avoir des enfants. Jaime Martin célèbre cette femme libre.

C’est aussi une bande dessinée qui dépeint les coutumes espagnoles et le poids des traditions que les hommes et les femmes portaient sur leurs jeunes épaules. La religion catholique était fort présente et il était difficile pour eux d’aller contre les principes dictés par les parents et l’Eglise. 

Le graphisme tout en simplicité m’a aussi plu ainsi que les trais des personnages. Pour appuyer son propos, Jaime Martin a inséré des photos réalistes, vraies ou fausses?, sur certaines planches.

Avec cette découverte, il me tarde de lire enfin sa bd plus récente.

– Les guerres silencieuses de Jaime Martin, Editions Dupuis, 2013, 152 pages – 

Cette semaine, c’est Moka qui accueille les amoureux des bulles!

 

40 réflexions sur “ Les guerres silencieuses – Jaime Martin

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