De pierre et d’os – Bérengère Cournut 

𝐿𝑒𝑠 𝑓𝑒𝑚𝑚𝑒𝑠 𝑝𝑢𝑖𝑠𝑠𝑎𝑛𝑡𝑒𝑠
𝐸𝑛𝑐𝑜𝑢𝑟𝑒𝑛𝑡 𝑑’𝑎𝑏𝑜𝑟𝑑
𝑇𝑜𝑢𝑠 𝑙𝑒𝑠 𝑑𝑎𝑛𝑔𝑒𝑟𝑠

Les premiers mots

C’est la troisième lune depuis que le soleil a disparu derrière la ligne d’horizon – et la première fois de ma vie que j’ai si mal au ventre. Me décoller du corps chaud de ma soeur et de mon frère, me dégager des peaux qui nous recouvrent, descendre de la plate-forme de glace.
Sous son dôme, ma famille ressemble à une grosse bête roulée sur elle-même.

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Bénis soient les enfants et les bêtes – Glendon Swarthout

« Envoyez-nous un garçon, nous vous renverrons un cow-boy ! », tel était le slogan du camp.

Les premiers mots

À cet endroit le vent dominait. Le bruit était permanent. La gorge du canyon grondait sous les rafales du vent qui balayait les pins sur son passage, avant d’être recueilli par les rochers. Lire la suite

4321– Paul Auster

Ferguson n’avait pas encore cinq ans mais il savait déjà que le monde se composait de deux royaumes, le visible et l’invisible, et que les choses qu’il ne pouvait voir étaient souvent plus réelles que celles qu’il voyait.

Les premiers mots

Selon la légende familiale, le grand-père de Ferguson serait parti à pied de sa ville natale de Minsk avec cent roubles cousus dans la doublure de sa veste, il aurait fait route vers l’ouest jusqu’à Hambourg en passant par Varsovie et Berlin et il aurait acheté un billet sur un bateau baptisé l’Impératrice de Chine qui traversa l’Atlantique à travers de rudes tempêtes hivernales pour entrer dans le port de New-York le premier jour du XXe siècle.

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Les grandes marées– Jim Lynch

Les adultes sont toujours plus fascinés par ce que vous pouvez devenir que par ce que vous êtes.

Les premiers mots

Très tôt, j’ai compris que lorsque vous racontez aux gens ce que vous observez à marée basse, ils pensent que vous exagérez ou que vous mentez, alors qu’en fait vous essayez simplement d’expliquer des choses étranges et merveilleuses, aussi clairement que possible. Le plus souvent, je minimisais ce que je voyais, car je ne trouvais pas de mots assez forts, mais c’est la nature même du milieu marin qui veut ça, ainsi que les rivages où j’ai grandi.

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Lucy in the sky– Pete Fromm

On peut repartir de zéro, Luce. On peut tout faire, aller n’importe où. On peut être qui on veut

Les premiers mots

Lui tenir ouverte la portière de son camion, c’était ma mission, je restais là à attendre que Maman et lui aient terminé. L’hiver, il faisait toujours noir, on n’avait que la lumière des phares, l’ultime effort de l’ampoule du porche sur le point de rendre l’âme, le gaz d’échappement comme brume épaisse en volutes autour de nous. À présent, c’était l’été, l’air était lourd et sentait la verdure, le soleil était presque à la verticale des Highwoods, le ciel en était tout blanchi, mais Papa n’était toujours pas parti.

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Le garçon – Marcus Malte

Et de grâce faites que le mystère perdure. L’indéchiffrable et l’indicible.

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Les premiers mots

Même l’invisible et l’immatériel ont un nom, mais lui n’en a pas. Du moins n’est-il inscrit nulle part, sur aucun registre ni aucun acte officiel que ce soit. Pas d’avantage au fond de la mémoire d’un curé d’une quelconque paroisse. Son véritable nom. Son patronyme initial. Il n’est pas dit qu’il en ait jamais possédé un. Plus tard, au cours de l’histoire, une femme qui sera pour lui soeur, amante et mère, lui fera don du sien, auquel elle accolera en hommage le prénom d’un célèbre musicien qu’elle chérissait entre tous.

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Jusqu’en Sibérie – Per Petterson

Et puis je serai dans le train, et je regarderai par la fenêtre, et je parlerai avec des gens que je ne connais pas, et ils me raconteront comment ils vivent et ce qu’ils pensent, et ils me demanderont pourquoi j’ai fait ce long voyage depuis le Danemark.

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Résumé: « Petterson nous propose une figure de femme au caractère bien trempé, d’une féminité atypique et d’une intégrité admirable. Elle est vulnérable et sensuelle comme les chevaux peuvent l’être… C’est dans le milieu de la classe ouvrière danoise que grandit la narratrice – un milieu où il n’y a pas de place pour les rêves et les transgressions. Ne restent que des instants. Et Petterson excelle à mettre en lumière ces instants décisifs qui accompagnent les êtres humains tout au long de leur vie. Non pas parce qu’ils sont dramatiques, mais parce qu’ils révèlent un être humain, à un moment précis et pour toujours. »

Les premiers mots

Quand j’étais petite, sept ans ou même avant, j’avais toujours peur quand on passait devant les lions en sortant de la ville. J’étais sûre que Lucifer ressentait la même chose que moi, car à cet endroit précis il se mettait à trotter plus vite, mais bien plus tard j’ai compris que c’était parce que mon grand-père lui donnait un bon coup de fouet au moment où nous entamions le bout de chemin qui descendait en pente douce devant l’allée des lions, et  ça c’était parce que grand-père était un homme impatient. Ça tout le monde le savait.

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