Avant que j’oublie – Anne Pauly

Bonsoir, je t’appelle, comme tu me l’as proposé, parce que j’ai besoin que tu me fasses rire pour oublier ce trou dans lequel je tombe en spirale.

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Les premiers mots

Le soir où mon père est mort, on s’est retrouvés en voiture avec mon frère, parce qu’il faisait nuit, qu’il était presque 23 heures et que passé le choc, après avoir bu le thé amer préparé par l’infirmière et avalé à contre-cœur les morceaux de sucre qu’elle nous tendait pour qu’on tienne le coup, il n’y avait rien d’autre à faire que de rentrer.

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Ouvrir son coeur – Alexie Morin

Je me traînais où que j’aille, je me sentais toujours triste, c’était devenu une seconde nature.

Les premiers mots

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Les premiers souvenirs de ma vie sont presque tous faits de lumière. C’est la fête de mon frère, fin mars, printemps hâtif, je vois des rubans de papier jaune pâle qui brillent au soleil et des silhouettes à contre-jour devant la porte-fenêtre. Quand ils s’éloignent, les gens se consument, à commencer par leurs contours, puis leurs cœurs disparait aussi, dans une petite flamme blanche.

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Mon père, ce tueur – Thierry Crouzet

Les premiers mots

Mon père était un tueur. À sa mort, il m’a laissé une lettre de tueur. Je n’ai pas encore le courage de l’ouvrir, de peur qu’elle m’explose à la figure. Il a déposé l’enveloppe dans le coffre où il rangeait ses armes : des poignards, une grenade, un revolver d’ordonnance MAS 1874 ayant servi durant la guerre d’Espagne, une carabine à lunette, et surtout des fusils de chasse, des brownings pour la plupart, tous briqués, les siens comme ceux de son père, grand-père et arrière-grand-père, une généalogie guerrière qui remonte au début du dix-neuvième siècle.

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L’événement – Annie Ernaux

Il y eut une douleur atroce. Elle disait : « arrêtez de crier, mon petit » et « il faut bien que je fasse mon travail.

Les premiers mots

Je suis descendue à Barbès. Comme la dernière fois, des hommes attendaient, groupés au pied du métro aérien. Les gens avançaient sur le trottoir avec des sacs roses de chez Tati. J’ai pris le boulevard de Magenta, reconnu le magasin Billy, avec des anoraks suspendus au-dehors.

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