Prendre corps – Catherine Voyer-Léger

ÉPAULES
C’est un geste qui appelle l’univers. Un geste d’enfant qui aime gros comme ça. Et, même si, d’un majeur à l’autre, l’univers de leurs deux bras ne fait pas cinquante centimètres, on sait que le geste représente toute l’amplitude du cœur. Le nécessaire pour embrasser les possibles.

Les premiers mots

FLANC
Mon corps: un corps creux. Mon dos seul subsiste, surface de flottaison. Mon corps: un canot.
L’air comme rabot tente d’éliminer une douleur qui persiste; d’éradiquer l’abandon qui me moisit au flanc. Creuse encore, douleur persistante. Creuse au risque de te fendre.
Mon corps est flottant. Pour l’instant.

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