Histoire du garçon qui courait après son chien qui courait après sa balle– Hervé Giraud

Nous, on est papa, maman, le chien, ma sœur et moi.

Les premiers mots

On était trois comme les trois doigts de la main ( de la tortue Ninja); on était réunis dans le ventre de ma mère et on a grandi ensemble: Cali ma soeur, Rubens le chien et moi.
Souvent, on s’asseyait au bord de la rivière, épaule contre épaule, le chien au milieu. On regardait dans la même direction.

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Deux fois par semaine – Christine Orban

Mais je ne suis pas folle. – Non, mais la vie l’est parfois, vous aurez besoin d’aide pour lui résister.

Les premiers mots

– Asseyez-vous, dit-il.
Tout tourne autour de moi.
J’ai vingt ans.
Cent ans, parfois.
Une vie commencée par la fin.
Je suis jeune, mais qu’est-ce que la jeunesse quand on a perdu l’innocence?

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Le complexe du papillon – Annelise Heurtier

Les papillons volent mieux que les éléphants

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Les premiers mots

Pendant le petit déjeuner, mes parents écoutent toujours la même station de radio. Ce matin, entre la rentrée des classes, la menace terroriste et les mégapromos sur le jambon, c’est encore plus démoralisant que d’habitude (en tout cas lorsqu’on s’appelle Mathilde Fournier, que l’on a quatorze ans et que l’on aurait vraiment besoin d’entendre autre chose que les réclames du coin ou les infos déprimantes de France et d’ailleurs).
Aujourd’hui est un matin de « première fois ».

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Les filles de l’ouragan – Joyce Maynard

Ça fait drôle de grandir dans une famille où il semble que ce serait plutôt aux adultes de grandir.

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Les premiers mots

Mon père me disait que j’étais un bébé de l’ouragan. Cela ne signifiait pas que j’étais née au cours d’un ouragan. Le jour de ma naissance, le 4 juillet 1950, se situe bien avant la saison des ouragans.
Il voulait dire que j’avais été conçue pendant un ouragan. Ou dans son sillage.

Ayé, j’ai lu Joyce Maynard! Lire la suite

Un paquebot dans les arbres – Valentine Goby 

Rien ne manque. Rien n’excède. Tout suffit.

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Les premiers mots

Mathilde Blanc traverse le cadre des fenêtres. Elle disparait, chaque fois plus lente, à la façon d’un automate en fin de course. Elle s’arrête, à cause de l’arthrose. De l’effroi. Elle regarde la ruine autour d’elle. La glaise et la poussière à la pointe de ses chaussures. Son père est mort il y a cinquante ans jour pour jour, le 1er juillet 1962. Elle a voulu ce pélerinage dans le théâtre de la maladie, et aussi du plus grand amour; mais du sanatorium d’Aincourt il ne reste rien.

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Quelques minutes après minuit – Patrick Ness 

Je ne me déplace pas souvent, mon garçon. Uniquement pour des questions de vie ou de mort. Je m’attends donc à ce qu’on m’écoute.

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Les premiers mots

Le monstre apparut juste après minuit.
Comme tous les monstres.

Conor était réveillé.
Il venait de faire un cauchemar. Enfin, pas un cauchemar. Le cauchemar. Celui qui faisait très souvent ces derniers temps. Celui avec les ténèbres et le vent et le hurlement. Celui avec les mains qui glissent des siennes, malgré tous ses efforts pour les cramponner. Celui qui se terminait tout le temps par…

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L’intérêt de l’enfant – Ian McEwan

Ecouter Adam l’émut et la déconcerta à la fois.
Apprendre le violon ou tout autre instrument de musique était un acte d’espoir, de foi en l’avenir.

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Résumé: À l’âge de cinquante-neuf ans, Fiona Maye est une brillante magistrate spécialiste du droit de la famille. Passionnée, parfois même hantée par son travail, elle en délaisse sa vie personnelle et son mari Jack. Surtout depuis cette nouvelle affaire : Adam Henry, un adolescent de dix-sept ans atteint de leucémie, risque la mort. Les croyances religieuses de ses parents interdisant la transfusion sanguine qui pourrait le sauver, les médecins s’en remettent à la cour. Après avoir entendu les deux parties, Fiona décide soudainement de se rendre à l’hôpital, auprès du garçon. Mais cette brève rencontre s’avère troublante et, indécise, la magistrate doit pourtant rendre son jugement.

Les premiers mots

Londres. Une semaine après la Pentecôte. Pluie implacable de juin. Fiona Maye, juge aux affaires familiales, un dimanche soir, chez elle, allongée sur une méridienne, regardant fixement, au-delà de ses pieds gainés par un collant, le fond de la pièce, un pan de la bibliothèque installée en retrait de la cheminée, et de l’autre côté, près d’une haute fenêtre, la minuscule lithographie de Renoir représentant une baigneuse, achetée trente ans plus tôt pour cinquante livres. Sans doute un faux.

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Coup de Meltem – Sigrid Baffert

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Résumé :
 Face à son père, Virgil ne s’est jamais vraiment senti à la hauteur. Quand vient ce fameux jour où la réalité dépasse la fiction… »Qui aurait imaginé qu’en plongeant ce jour-là, je nagerais plus loin que le bout du bassin, jusqu’à un puits profond, rempli de questions? Au moins, il y aura eu du bon dans la compétition. J’aurai nagé jusqu’à la source, comme les saumons. Je m’appelle Virgil, j’ai seize ans et je ne suis pas celui que je crois. »

Les premiers mots:

2012, Massachussets, USA

Si je suis là devant vous, moi, Virgil, c’est qu’un jour, j’ai été le premier. Si je suis là, c’est qu’un jour, j’ai gagné la course la plus folle dans le plus fou des bassins olympiques : la course à la vie. Un seul spermatozoïde sur la ligne d’arrivée, des millions de perdants scotchés au néant. Coincés dans le rien avant même d’avoir commencé, ça doit être rageant. Je me demande souvent à quoi ressemble le bassin des perdants

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Et je renaîtrai de me cendres – Laurence Finet

EXE-COUV FINET.inddRésuméIl est des livres qui s’insinuent en nous. Des histoires qui commencent avec la légèreté du vol d’une abeille qui entre en bourdonnant par la fenêtre. L’histoire de Laurence Finet — son histoire ?— en fait partie. Un mari aimant, quatre beaux enfants, un travail sans doute trop prenant mais peu importe, demain c’est les vacances…
Et puis l’abeille pique. Et la douleur provoquée par la piqûre rappelle une autre blessure, plus ancienne. Nous voici alors inexorablement emportés. Derrière la légèreté du ton, des mots jetés, une accumulation de maux que l’on aurait crue inexprimable. Avec une grande pudeur et une bonne dose d’humour, Laurence Finet raconte les épreuves traversées, sans rien nous épargner. Et c’est grâce à une infinie délicatesse qu’elle parvient à nous faire ressentir toute la violence et l’horreur de ce qu’elle a dû endurer : « J’ai parlé. J’ai vomi des bribes de mon passé avec une telle violence que je me demande comment j’arrive encore à respirer. »
Un témoignage soutenu par la force implacable du réel mais qui se lit comme un roman. Une fois refermé, plus d’autre choix que de respirer l’air et la vie à pleins poumons.

Les premiers mots

Posé sur la table au milieu des bols du petit déjeuner, mon mobile a vibré, annonçant l’arrivée d’un nouveau sms : c’est Mathilde, notre aînée, partie tôt ce matin au collège.
– Je t’aime, Maman, prends soin de toi. (Smiley.)
Début de journée classique avant le grand rush pour l’école. Comme à accoutumée, notre maison retentit d’appels et de cavalcades effrénées dans les escaliers.
– Tu peux m aider, Maman ?
– J’ai perdu mon cahier.
– Les enfants, dépêchez-vous, vous allez être en retard.
J’ai aidé Juliette à lacer ses chaussures, recoiffé la chevelure emmêlée d’Elodie, rajusté le col d’Alexis. Une dernière recommandation et ils filent tous les trois à l’école, accompagnés par Frédéric.
– Attends-moi, Alexis.

Alexis galope déjà, le cartable lourdement chargé sur son dos, suivi de près par Elodie.
Juliette resserre ses petits bras autour du cou de mon mari.

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