La garçonnière – Mylène Bouchard 

Ils s’étaient aimés, encore. Pris, serrés, de tout bords, tous côtés. Pour se sentir vivants.

Les premiers mots

Abitibi, Lac-Saint-Jean.
Chacun sa région natale. C’est de là qu’ils proviennent respectivement. Elle est née dans la partie Noranda de la ville. Au pied des cheminées qui crachent des résidus d’ordinateurs passés de mode. Près du lac huileux dans lequel il est formellement interdit de se tremper un orteil.

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Indice des feux – Antoine Desjardins

Ses cabanes me semblaient n’exister que pour me rappeler que toute bonne chose a une fin, que tout ne change jamais que pour le pire.

Les premiers mots

On tombe, on part. Un par un. Les damnés du septième étage. Les finis. Les scraps, comme disait le gars d’à côté.

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Ténèbre – Paul Kawczak

Les moustiques s’abattaient alors sur lui, issus de la nuit comme autant de malédictions surgies du corps sombre et palpitant de la nuit équatoriale.

Les premiers mots

À coup de chicotte, Henri Morton Stanley achevait de tuer un homme. Un jeune porteur, quinze ans peut-être, un Bembe de Mindouli, recruté à Matadi. Pas le temps de comprendre. La peau douce partout éclatée.

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La dernière déclaration d’amour – Dagur Hjartarson

Et Kristín et moi nous sommes aimés chaque nuit.
Nos doigts. La peau. Les étoiles. Le ciel nocturne. Et cætera.

Les premiers mots

Je ne sais pas combien de temps nous étions restés endormis sur la couverture lorsque le bourdonnement nous réveilla.
– Tu as déjà vu autant de mouches? me demanda Kristín en les éloignant d’un geste de la main.
– Ce ne sont pas des mouches, répondis-je. Ce sont des points à la fin des poèmes que je vais composer pour toi.

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La garçonnière – Mylène Bouchard

Dans l’amour impossible, lorsqu’on pose la question Tu m’aimes-tu, la réponse est toujours oui.

Les premiers mots

Abitibi, Lac-Saint-Jean.
Chacun sa région natale. C’est de là qu’ils proviennent respectivement. Elle est née dans la partie Noranda de la ville. Au pied des cheminées qui crachent des résidus d’ordinateurs passés de mode. Près du lac huileux dans lequel il est formellement interdit de se tremper un orteil.

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Prendre corps – Catherine Voyer-Léger

ÉPAULES
C’est un geste qui appelle l’univers. Un geste d’enfant qui aime gros comme ça. Et, même si, d’un majeur à l’autre, l’univers de leurs deux bras ne fait pas cinquante centimètres, on sait que le geste représente toute l’amplitude du cœur. Le nécessaire pour embrasser les possibles.

Les premiers mots

FLANC
Mon corps: un corps creux. Mon dos seul subsiste, surface de flottaison. Mon corps: un canot.
L’air comme rabot tente d’éliminer une douleur qui persiste; d’éradiquer l’abandon qui me moisit au flanc. Creuse encore, douleur persistante. Creuse au risque de te fendre.
Mon corps est flottant. Pour l’instant.

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