Le mystère de la femme sans tête -Myriam Leroy 

Les premiers mots

Il y a une femme, enterrée au cimetière d’Ixelles, qui a été décapitée à la hache en 1942. Son nom est russe. Elle était toute petite et avait une grâce de pirate. Les Russes qui s’en souviennent prétendent qu’elle a changé le cours de la guerre. Les Belges, eux, ne disent rien. Ils l’ont oubliée.

Au détour d’une promenade dans le cimetière d’Ixelles, la narratrice-autrice tombe sur un épitaphe qui la cloue sur place. Il dit que sous cette pierre est enterrée Marina Chafroff décapitée à la hache en 1942. Les questions fusent dans son esprit et elle décide de découvrir l’histoire de cette femme.
Marine Chafroff a été condamnée pour avoir tenté de tuer deux Allemands en décembre 1941. A l’époque, la Belgique est annexée par l’Allemagne. N’ayant que peu de sources véritables, Myriam Leroy va alors imaginer la vie de Marina. Son enfance, tout d’abord en Lettonie et puis sa vie de mère en insérant des éléments réels qu’elle aura glaner sur internet et via des personnes qui ont connu cette femme.

Le procédé de manier vérité et fiction peut troubler ceux et celles qui liront ce livre. Que retenir de cette femme ? Quels sont les faits sur lesquels on peut s’appuyer ?
Qui doit-on croire….

Plus on avance dans le récit plus cette distinction, pour moi en tout cas, ne prend plus autant d’importance car celle qui est là, presque devant nous, c’est Marina et elle seule.
Au diable certaines divagations de l’autrice, Marina éclaire le récit. Et il fallait cette histoire de femme décapitée pour me pousser à continuer ma lecture. Car si le destin est passionnant, le style de Myriam Leroy que j’avais adoré dans Les yeux rouges, est m’est apparu assez lourd et commun. « Ça n’avait pas été long mais ça avait existé, cet enchantement, et elle se demandait en quoi consistait le mystère de sa disparition. Où allait l’amour quand il se retirait?« 

Usant de réflexions féministes, Myriam Leroy veut absolument faire passer son message et utilise parfois des grosses ficelles pour arriver à ses fins. Il est évident qu’il faut marteler certains propos pour qu’ils fassent leur chemin, mais cela aurait pu se faire de manière plus sophistiquée. Outre le style, il y a aussi une autre particularité dans ce roman qui est l’adresse à un « tu » qui n’est autre que Myriam Leroy elle-même. On pourrait reprocher une mise en avant un peu grossière, j’y ai vu une manière de nous faire vivre le procédé littéraire qu’elle a mis en place.

Tu penses que Marina, tu la comprends. Tu n’as aucun mal à envisager comment on peut faire d’une injustice une obsession, d’une obsession une maladie, et d’une maladie un ouragan.

Vous pouvez aller lire l’avis de Magali qui est légèrement différent du mien.

Le mystère de la femme sans tête de Myriam Leroy
Éditions Seuil
288 pages, janvier 2023


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15 réflexions sur “ Le mystère de la femme sans tête -Myriam Leroy 

  1. maghily dit :

    On se rejoint pour les commentaires féministes qui semblent parfois posés là de manière artificielle !

    Tu es si douée pour parler des romans, c’est encore plus flagrant quand c’est un livre qu’on a vainement tenté de chroniquer soi-même ! 😉

    Aimé par 1 personne

  2. Passage à l'Est! dit :

    Je ne pense pas non plus le lire (surtout si le style n’est pas toujours au rendez-vous), mais c’est vrai que le point de départ de l’histoire est attrayant – et la couverture sympathique. Je peux comprendre, dans le cas de Maghily, que le fait que le roman se déroule là où elle habite est un plus certain – moi, ca me plairait certainement!

    Aimé par 1 personne

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