La mort de Belle – Georges Simenon

Pourquoi n’étant coupable de rien, eut-il une sensation de culpabilité?

Les premiers mots

Il arrive qu’un homme, chez lui, aille et vienne, fasse les gestes familiers, les gestes de tous les jours, les traits détendus pour lui seul, et que, levant soudain les yeux, il s’aperçoive que les rideaux n’ont pas été tirés et que des gens l’observent du dehors.
Il en fut un peu ainsi pour Spencer Ashby.

Spencer Ashby est le genre d’homme qui passe assez inaperçu. Il ne fait pas de vagues et n’a pas de charisme particulier. Quand Belle, la jeune fille que Catherine et Spencer hébergeaient, est retrouvée morte chez eux, les soupçons se tournent évidemment vers l’homme de la maison. Toutefois l’enquête piétine. Aucun indice, aucun mobile. Mais cela suffit pour que le voisinage se méfie et que les amies et amis du couple s’éloignent d’eux. Spencer plonge dans une solitude dont il aura du mal à s’extirper.

Il eut sa solitude comme il l’aimait, bien épaisse, sans un bruit extérieur, avec même la neige qui s’était mise à tomber à gros flocons et qui matérialisait en quelque sorte le silence.

Il y a une économie de mot chez Simenon que j’ai apprécié retrouver. Je l’avais déjà découvert avec un autre de ses romans (dont je ne me rappelle plus le titre…) et je m’étais promis de continuer mon exploration de son œuvre prolifique.
Dans la Mort de Belle, la mort est prise comme prétexte pour décrire le personnage principal et sa relation aux autres . La fin, abrupte, tranche avec le reste du roman et se termine avec force.
Ce que j’ai apprécié tout au long de cette lecture, ce sont les descriptions que l’auteur prend temps de soin à écrire et j’ai surtout aimé cette ambiance légèrement surannée.
Le roman malgré le nombre de pages réduites offre une atmosphère spéciale et je comprends facilement le succès que Simenon a eu ainsi que sa renommée en Belgique et ailleurs. Il y a chez cet auteur une facilité à immerger complètement les lecteurs·rices et c’est en toute logique que bon nombre de ses romans ont été adaptés en film ou en série (« Commissaire Maigret » étant, je pense, la plus connue).

Pour cette fin du mois de décembre, nous avons mis à l’honneur les classiques noirs et policiers. Ce genre-là n’est clairement pas mon favori… Même si dans ma jeunesse je dévorais les Agatha Christie et les romans édités chez Actes Sud dans la collection Actes Noirs. Renoué pour un temps avec ce genre m’a fait du bien et j’espère découvrir chez vous des pépites qui me donneront envie de les lire.

La mort de Belle de Georges Simenon
Éditions Livre de poche
187 pages,
première publication en 1952
Adapté en film en 1961 par Edouard Molinaro

Vos romans noirs et policiers : Moka / Natiora / Katell / Lolo / Mag


20 réflexions sur “La mort de Belle – Georges Simenon

  1. maghily dit :

    Haaaa Simenon, tu fais dans la chronique chauvine ! 😉
    Je crois que je n’ai jamais rien lu de lui non plus (je vais me faire huer par nos compatriotes :D) : un traumatisme d’avoir dû me farcir les Maigret à la télévision quand j’étais gamine, sans doute. 😉

    Aimé par 2 personnes

  2. Natiora dit :

    Je ne suis pas sûre d’avoir jamais lu Simenon, j’avais choisi un de ses titres pour une deuxième participation mais j’étais trop ambitieuse ^^ Le fait que tu aies aimé alors que tu n’es pas fan du genre m’incite à retenter une prochaine fois.

    Aimé par 2 personnes

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