Le mythe de la virilité – Olivia Gazalé

Nous reproduisons des schémas culturels élaborés hors de nous et dont le sens et la finalité nous échappent.

Les premiers mots

Dans Angry White Men, le sociologue américain Michael Kimmel a recueilli la parole de ces hommes blancs en colère, dont le profond malaise identitaire a conduit à l’élection de Donald Trump. Qu’un phallocrate assumé ait pu accéder aux plus hautes fonctions dans un pays qui avait toujours été à l’avant-garde du féminisme est, entre autre symptôme, le signe d’une inquiétude masculine grandissante. Les femmes seraient allées trop loin, elles auraient dépossédé les hommes de toutes leurs prérogatives et la virilité traversera it une « crise » sans précédent.

Repéré chez Magali ( officiellement ma tentatrice number one en manière d’essais féministes), il fait partie maintenant d’un indispensable dans ma bibliothèque ! ( Tellement indispensable que je me le suis offert alors que je l’avais emprunté…).

Le mythe de la virilité n’est pas un discours parmi d’autres. C’est un discours fondateur, qui a posé le principe de supériorité masculine et théorisé un système de domination – le système viriarcal -, qui n’a pas seulement postulé l’infériorité ontologique des femmes et de tout ce qui leur était corrélé (…) mais aussi la supériorité du « vir » sur l’autre homme, sur l’animal et la nature.

De quoi ça parle ? De mille et une choses : de virilité évidemment et de tout ce que ça recouvre mais aussi de féminisme, d’Histoire, de religion, de sexualité, de maternité, de la place des femmes… Olivia Gazalé prend le temps pour chaque partie de peser le pour et le contre de certains points sensibles (exemple : le voile, l’antiféminisme, la question du genre), j’ai toujours eu la sensation que ses recherches étaient très complètes et qu’elle avait questionné ses sources de toutes parts et pas seulement celles tournées vers un seul point de vue.

Cet essai est, à juste titre, considéré comme un livre important du féminisme et après avoir corné et annoté une page sur deux, je rejoins évidemment tous ces avis. À l’instar du livre de Titiou Lecoq, il repart des temps les plus anciens pour analyser où ça a mer*** pour les femmes et pourquoi cela perdure encore et toujours.

Qu’est-ce qu’un monstre pour Aristote? D’abord une fillette : si la matière n’est pas suffisamment informée par le pneuma masculin, elle s’emballe comme une machine hors de contrôle. Le résultat, désastreux, est la naissance d’une enfant de sexe féminin : « Le tout premier écart de type génétique est la naissance d’une femelle au lieu d’un mâle. »

Je pensais le lire par partie mais je n’ai pas pu m’empêcher de le dévorer tellement il regorge d’informations capitales et qu’il se lit avec une facilité déconcertante. Olivia Gazalé, philosophe de profession, pose ici les bases pour toutes réflexions sur ce que la virilité fait aux hommes et aux femmes, ce qu’elle induit comme comportement et ce qu’il faudrait combattre pour une société plus égalitaire qui réjouirait autant les hommes que les femmes.

Selon les masculinistes, les conquêtes féministes ne sont pas seulement un désastre pour les pères, elles le sont aussi, et peut-être encore davantage, pour la descendance, condamnée à grandir dans des « biotopes féminins ».

Le Mythe de la virilité, un piège pour les deux sexes d‘Olivia Gazalé
Éditions Pocket, Collection Agora
528 pages,
février 2019
Féminisme en mot

11 réflexions sur “Le mythe de la virilité – Olivia Gazalé

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