S’en aller – Sophie d’Aubreby 

Épouse ou vieille fille. C’est tout ce qu’elle observe, tout ce qu’on propose. Rien ne la fait plus suffoquer de détresse que cette étroitesse-là. Elle se voudrait libre.

Les premiers mots

Elle prend une grande inspiration. La plus grande, la plus profonde possible. Une inspiration à s’en déchirer le diaphragme. Comme pour ériger un peu plus haut le rempart contre l’épuisement. Ravaler le sanglot qui monte.

Elle a le prénom d’une héroïne d’un opéra tragique et elle aura une vie qui en vaudra mille. Carmen sera tour à tour moussaillon, danseuse et résistante.
Entre la mer et la terre, elle fera tout ce qui est possible pour trouver sa voie et se défaire des carcans dus à son sexe et à son rang.

Elle toise ce tissu d’épiderme, le vêtement qu’elle opposé au monde et qui la range, avec ses cheveux longs, le renflement de ses seins et la finesse de ses mains, du côté féminin de la vague. Elle envisage ce sac d’attributs pour ce qu’il est : sa contribution au mythe et sa condamnation aux derniers wagons de l’existence.


Carmen est ce genre de personnage qui n’a peur de rien et qui ose tout. Pour l’époque où elle est née, se défaire de ses obligations, sans regrets, sans retours possibles, c’est tourner le dos à un confort de vie.

Sophie d’Aubreby nous conte l’histoire d’une femme qui ne pouvait résider dans un monde étriqué mais qui désirait voir le monde tel qu’il était et qui rêvait de tenir un autre rôle que celui d’épouse et de mère. Soutenue par son amie Hélène, Carmen a gardé la force d’affronter les pièges qui se sont dressés devant elle, sans faiblir.

Avec une écriture qui parfois m’a perdue dans ses effets un peu trop énigmatiques, la jeune autrice signe un roman qui porte haut et fort un message de sororité et de féminisme. Et s’il m’a manqué quelques fois de précisions sur certains évènements, je suis restée admirative de la qualité littéraire et de la richesse donnée à la vie de Carmen.

Sophie d’Aubreby est une autrice belge qui signe son 1er roman avec tout un talent à portée de main. 

S’en aller de Sophie d’Aubreby 
Éditions Inculte
288 pages,
août 2021
Féminisme en mots

6 réflexions sur “ S’en aller – Sophie d’Aubreby 

Si vous souhaitez me laisser une trace de votre passage...

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s