Le ciel est à tout le monde – Fanny Chartres 

Pour effacer les instants tristes, lui ai-je dit, il suffit peut-être d’en dessiner de nouveaux. Des plus joyeux, des plus beaux?

Les premiers mots

Le jour où les parents ont fugué

J’avais 11 ans, je rentrais de l’école avec mon frère et le soleil bleu tout en haut.
Il était grand, Yaël. Il avait seulement 16 ans, mais il savait des choses comme un vieux de 20 ou même de 30 ans. Il savait reconnaître le printemps à l’épaisseur et à l’odeur du vent, il savait battre les profondeurs de l’hiver et les colères de maman, il savait quand il fallait fermer la porte de la chambre à double tour et attendre que papa redevienne normal, il savait quand il fallait se prendre les mains et se les serrer fort.

Quand les parents, ou plutôt les personnes qui ont eu des enfants, d’Ethan et de Yaël disparaissent du domicile familial, les deux frères sont placés dans des centres pour enfants. Séparés l’un de l’autre pour la première fois, ils vont devoir affronter seul les douleurs et le manque.

Ethan a cette imagination débordante des grands rêveurs et se réfugie alors dans l’observation des oiseaux migrateurs et se met à fantasmer sur la Laponie où lui et son frère pourraient trouver refuge. S’inspirant des séries et de ces épisodes où tout se passe toujours merveilleusement bien, où un sauveur est présent pour prendre la défense des plus démunis, Ethan se perd un peu dans cette réalité et se met ne voir la vie que par les personnages de ses séries préférées, seul moyen pour lui de survivre sans son frère.

L’homme bleu est reparti. Il est revenu quelques jours plus tard, puis encore plus tard, puis encore après. Il s’en allait toujours avec le même air, celui de Nick Torres de NCIS, enquêtes spéciales, quand il sent qu’un truc ne tourne pas rond. Je sais pas si c’est pareil pour vous, mais moi, je trouve que les séries aident drôlement bien à comprendre les choses de la vie. Parfois même elles rendent plus fort et enlèvent un peu de la tristesse qui gonfle dans le ventre.

Fanny Chartres, par ce roman et ce système de narration particulière qui réécrit des scènes de séries, apporte une légèreté nécessaire pour raconter la vie de ces enfants placés. Le twist m’a soufflée et j’ai du me retenir de ne pas relire tout le livre à la recherche d’indices.

Les douleurs sont bien présentes mais les personnages qui gravitent autour d’eux ont une force incommensurable pour aider ces adolescents à croire en eux et à oublier, si tant est qu’il soit possible d’oublier, les traumatismes de l’enfance et le manque d’amour des parents.
Ethan touche par sa naïveté et sa candeur, quant à Yaël, magicien, il offre à son frère toutes les possibilités pour qu’il puisse voler de ses propres ailes. Et cette magie s’immisce aussi dans ceux et celles qui liraient ces lignes.

Le ciel est à tout le monde de Fanny Chartres
Éditions École des Loisirs, Collection Medium
207 pages, avril 2021
Raconter l’enfance

7 réflexions sur “ Le ciel est à tout le monde – Fanny Chartres 

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