Ressac – Diglee

22h… Je sombre. La mer a comme avalé ma peine. Je lui ai confié mon ombre, et elle l’a mangée.

Dans la nuit du 3 au 4 février 2020, la bipolarité de mon beau-père a précipité sa voiture dans le fossé d’une route tranquille de la campagne lyonnaise.
Le 5 au matin, je partais seule à l’autre bout de la France pour effectuer une retraite dans une abbaye bretonne, face à la mer.
Ces deux événements a priori étrangers l’un à l’autre se sont retrouvés inextricablement mêlés, confondus en une seule et même expérience déterminante.

Ressac (n.m.). Retour violent des vagues sur elles-mêmes, lorsqu’elles se brisent contre un obstacle.
Sens figuré : retour brutal d’une émotion refoulée.

Diglee est une illustratrice que je suis depuis longtemps. Féministe, militante et artiste, elle possède toutes ces casquettes que j’admire tant. En janvier 2020, elle a senti qu’elle avait besoin de s’isoler de tout et de tout le monde: amis et amies, parents, amoureux, travail.

En choisissant l’Abbaye de Rhuys, elle désire être seule mais aussi rattraper le temps pour soi, sans obligations tout en ayant des sœurs qui veillent sur elle, une chambre à disposition et des repas à heure fixe.

Aujourd’hui, je me sens pleinement présente à moi-même. Fusionnée au lieu. Le spleen qui m’habitait hier a complètement disparu. J’ai fait peau neuve.

Ces quelques jours passés au bord de la mer ont eu ce don de la remettre au monde. Entre découverte des alentours maritimes de l’Abbaye et les rencontres de femmes en retraite aussi, Diglee est parvenue à poser des mots sur ce qu’elle était en train de vivre, entre la peur pour son beau-père et ce besoin irrépressible de solitude.

Diglee évoque d’ailleurs avec tendresse ce beau-père envers qui elle a énormément d’affection, sa maladie devenue incontrôlable qui a terrassé le Christian qu’elle a connu enfant en le remplaçant par un autre, le malade. Alors, ces jours en solitaire c’est une bouée de sauvetage qu’elle s’est envoyée. Pendant cette retraite, elle est fascinée par les signes envoyés du destin, cela peut être de simples signes zodiacale à une sonorité presque parfaite des prénoms rencontrés. En tant que lectrice, j’ai trouvé dans ces coïncidences, beaucoup de tendresses et de magie.

Ressac ne m’aurait pas autant touchée si moi aussi aussi en 2020, suite à des mois de confinement et une année 2019 particulièrement difficile, je n’avais pas fait de retraite près de la mer. Avec Diglee, j’y ai vu une ressemblance parfaite dans cette fuite, dans cette recherche de soi ailleurs, près de l’eau, avec comme bagage, entre autre, des livres pour chaque jour passé. Il était évident que j’allais aimer. Par contre, je ne savais pas que j’allais me retrouver autant dans ces pages.

Le site de l’autrice, ici

Ressac de Diglee (Maureen Wingrove)
Éditions La Ville Brûle
168 pages, mai 2021


18 réflexions sur “ Ressac – Diglee

  1. Athalie dit :

    C’est drôle ( ou pas …) après avoir été confinée, comme tout le monde, moi aussi, une retraite me tente !!! Mais pas dans une abbaye même au bord de la mer. Celle de Rhuys est située sur une presqu’île magnifique . Je vais aller jeter un oeil sur les illustrations en tout cas.

    Aimé par 1 personne

  2. Antigone dit :

    Oh oui, comme tu as du comprendre ce récit alors, si tu as toi même fait une retraite. A sa lecture, je me suis moi même rendue compte combien 2020 et 2021 également avaient changé des choses en moi, un désir de plus de slow dans ma vie par exemple dorénavant…

    Aimé par 1 personne

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