Archives du Nord – Marguerite Yourcenar

A chaque époque il y a des gens qui ne pensent pas comme tout le monde, c’est à dire qui ne pensent pas comme ceux qui ne pensent pas.

Les premiers mots

Dans un volume destiné à former avec celui-ci les deux panneaux d’un diptyque, j’ai essayé d’évoquer un couple de la Belle Époque, mon père et ma mère, puis de remonter au-delà d’eux vers des ascendants maternels installés dans la Belgique du XIXe siècle, et ensuite, avec plus de lacunes et des silhouettes de plus en plus linéaires, jusqu’au Liège rococo, voire jusqu’au Moyen-Âge.

La belle idée que voila : sortir de sa bibliothèque des classiques que l’on est censé détester car un jour, par malheur, on a dû s’y frotter et ceux-ci nous ont donné la nausée. Alors, on s’est promis de ne plus jamais ouvrir un seul bouquin de ce style/genre/auteur/autrice….C’était sans compter ce challenge qui nous pousse dans nos retranchements…

Pour cette semaine dédiée à ces mal-aimés, je vous proposerai des billets à l’allure différente de ce que j’ai pu vous livrer auparavant, en vous expliquant les préjugés sur le livre/auteur/genre/…, vous exposant mon choix et le résultat de cette lecture.

Genèse de mes préjugés sur…: Marguerite Yourcenar! Entre cette grande (très grande) dame de la littérature et moi cela a très mal commencé. J’ai été « obligée » de lire L’œuvre au noir pour des cours universitaires, j’ai tenté d’aller jusqu’au bout avec la pression des études qui me tenaillait mais cela n’a pas suffi et j’ai abandonné Zénon à son propre sort. J’ai eu une véritable aversion pour son style ainsi que pour l’histoire. A contrario, l’histoire personnelle de cette autrice me plaisait et je suis restée assez sensible aux citations que je lisais d’elle.

L’homme avec ses pouvoirs qui, de quelque manière qu’on les évalue, constituent une anomalie dans l’ensemble des choses, avec son don redoutable d’aller plus avant dans le bien et dans le mal que le reste des espèces vivantes connues de nous, avec son horrible et sublime faculté de choix.

Pourquoi lire ce livre-là en particulier? Pour le thème de ce mois-ci, j’y ai vu une merveilleuse occasion de retenter une lecture mais pas avec le livre maudit, non, plutôt avec une histoire de famille et de généalogie. Marguerite Yourcenar aime raconter et aime surtout l’Histoire et encore plus l’histoire familiale racontée depuis le début, depuis que le monde est monde.
C’est avec précision qu’elle retrace la généalogie du côté paternel pour nous exposer les vies de ses aïeux .
N’ayant pas peur de remonter au plus loin, l’autrice explore ce que ses ancêtres ont réalisé de mémorable.
La deuxième et troisième partie m’ont davantage intéressée car celles-ci sont beaucoup plus lentes et axées sur deux personnages en particulier, le grand-père de Marguerite et enfin son père.

Et finalement? C’est documenté à souhait avec une écriture exigeante et une langue érudite, et c’est donc avec regret que je me suis bien ennuyée malgré mon intérêt pour ses prédécesseurs. Si la langue est belle, le contenu m’a laissée un peu en retrait.
(Et comme je ne m’avoue jamais vaincue, il se pourrait que L’œuvre au noir soit à l’honneur un de ses quatre sur le blog pour notre challenge… #cechallengematuer)

On lit quoi chez vous ? Moka, Natiora, Alice, Lolo Coste, Céline, Lili, Pativore,…

Archives du Nord de Marguerite Yourcenar, tome 2 du cycle Le Labyrinthe du monde
Editions Folio
384 pages, publication originale 1957
Les Classiques c’est fantastique

28 réflexions sur “ Archives du Nord – Marguerite Yourcenar

  1. Natiora dit :

    Si tu n’es pas séduite par le style, ce sera difficile de te convaincre. Et après tout quelle importance, certains auteurs ne sont pas faits pour nous, c’est comme ça. De Yourcenar je n’ai lu que Mémoires d’Hadrien. Que j’ai aimé ! Le style, l’histoire, l’Histoire même. Je le relirai bien un jour. Et le titre que tu nous présentes me fait envie, les histoires de famille, ça m’inspire toujours.

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  2. Marie-Claude dit :

    J’ai encore manqué le coche ce mois-ci pour le challenge. J’étais submergée par le contemporain. Partie remise, encore une fois.

    Je salue ton effort pour Yourcenar et je suis admirative de la façon dont tu as tricoté ton billet. J’en aurais pris encore!

    Je me suis cassée trois dents avec Mémoires d’Hadrien. J’en avais, de l’ambition! Je me suis dit qu’entre Yourcenar et moi, ça ne se passerait plus! Je n’ai jamais eu l’intention de remettre ça. Quand je décide de fermer une porte, ça peut être violent!

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  3. Sunalee dit :

    J’ai lu « Les mémoires d’Hadrien » il y a longtemps… et j’en garde un excellent souvenir. Je n’ai plus la moindre idée de l’histoire mais bien un sentiment de plaisir. Je devais être au début de la vingtaine quand je l’ai lu, et c’est peut-être à l’époque où j’ai passé un mois près de Rome pendant l’été.

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