Contes de la Bécasse – Maupassant

Il n’y a pas d’hommes honnêtes ; ou du moins ils ne le sont que relativement aux crapules.

Les premiers mots

Le vieux baron des Ravots avait été pendant quarante ans le roi des chasseurs de sa province. Mais, depuis cinq à six années, une paralysie des jambes le clouait à son fauteuil ; il ne pouvait plus que tirer des pigeons de la fenêtre de son salon ou du haut de son grand perron.

Le reste du temps il lisait.

Derrière ce titre assez enfantin et somme toute très simple, se logent des récits faits de drames et de noirceur.
Ici, on n’hésite pas à déloger une vieille dame et à la faire mourir de froid, on a la drôle d’idée d’abandonner un chien dans un puits, on se gausse de gestes un peu trop entreprenants, on frémit à la découverte de secrets de famille, on rit, aussi parfois.

Il vivait, disait-on, séparé de sa femme, pour cause de faiblesse physique, que Madame ne lui pardonnait point. C’était un gros petit homme, chauve, court de bras, de jambes, de cou, de nez, de tout.

Maupassant ne s’embarrasse pas de faire de jolis contes, il veut dénoncer la bêtise humaine, la cruauté et les dérives de l’absurdité. Certains de ces contes m’ont profondément mise mal à l’aise, je pense à La Folle, Pierrot, quand d’autres m’ont émue, comme Un fils, Le Testament et La Rampailleuse.

Ces contes qui ne font que quelques pages chacun ont une densité étonnante et il n’en faut pas plus pour être pris dans ces histoires normandes. Maupassant a le sens de la justesse mais use tout de même parfois de lourdeur, notamment dans la description de ses personnages masculins.
J’ai retrouvé ce que j’avais tant aimé dans Boule de Suif, cette propension à nous emporter avec une facilité déconcertante dans des récits indémodables.

– Contes de la Bécasse de Maupassant, Édition Originale en 1883

Cette semaine, nous vous donnons rendez-vous au pays des contes… de belles histoires nous attendent chez Moka, Céline, Alice, Pati, Natiora, …

15 réflexions sur “ Contes de la Bécasse – Maupassant

  1. Natiora dit :

    Les nouvelles de Maupassant sont très efficaces, et cruelles pour beaucoup. Il y en avait notamment une sur un cheval qu’on laisse mourir qui m’avait traumatisée. Je relirai Les contes de la bécasse un jour mais en cette période de fêtes je suis allée vers plus joyeux.

    Aimé par 1 personne

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