Après nous, les animaux – Camille Brunel

Marguerite avait eu raison, ils étaient arrivés dans un monde où l’on ne mourait que si l’on était tué.

Les premiers mots

Le serpent avait abandonné son vivarium depuis longtemps et se faufilait dans l’enclos des taureaux. Il n’avait encore mordu personne; personne ne l’avait piétiné: depuis des jours il allait et venait, en quête de petites proies, d’insectes généralement, et revenait à la tanière où l’attendait le rat blanc.

Les derniers hommes sur terre pensaient survivre pour rejoindre le Nord du Canada avec des animaux du cirque, telle l’Arche de Noé. Mais c’était sans compter le virus qui les a tous tués ou presque. Dans ce bateau, le dernier, seule la fille du capitaine est encore vivante.
Bientôt, le destin décidera que ces félins, oiseaux, primates, reptiles, seront seuls et échoueront sur la côte mexicaine.

Au sortir du bateau, il faut reprendre conscience de son instinct animal bien trop longtemps gardé en cage. La vie vécue avec les humains garde des traces, les chimpanzés suivent en quelque sorte les modèles reçus par les hommes et femmes qu’ils ont côtoyés.
Ils apprennent aussi à s’entraider, à ne plus se sauter à la gorge. Mais le chemin est long pour arriver à cette paix, à cette harmonie des êtres.

Chaque espèce s’était suffisamment habituée au sentiment de sécurité qui émanait du groupe pour ne plus oser s’en séparer: il fallait être ensemble pour vivre, il fallait que tout le monde, des geais aux vaches, en passant par la panthère et les taureaux, se trouve à portée d’audition ou de flair.

Leur périple les amène à parcourir des centaines de kilomètres à travers le Mexique , de Yucatan jusqu’à Teotihuacan.
Et tout cela sans croiser d’humains vivants. Seules les bêtes entre elles. Instinct de prédation contre volonté d’arriver ensemble.

Ce récit offre au fil des pages une ambiance toute particulière. Suivre des animaux sur 360 pages aurait pu être casse-gueule mais c’est sans compter les talents indéniables de Camille Brunel qui arrive à faire ressentir à ces animaux des émotions quasi humaines.
Le propos m’a complètement séduite et si j’ai aimé suivre ces chimpanzés, chevaux, vaches et autres, j’ai souffert tout comme eux de quelques longueurs
Un poil plus court et ce récit aurait, pour ma part, gagné en intensité.

– Après nous, les animaux de Camille Brunel, Editions Casterman, Collection Ici/Maintenant, septembre 2020, 360 pages –

4 réflexions sur “ Après nous, les animaux – Camille Brunel

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