Et vous m’avez parlé de Garry Davis – Frédéric Aribit

Seuls les individus peuvent donc aller au-delà de l’État-nation, à condition de s’en affranchir comme il l’a fait de Mme Schneider. « My country is the world. » ”

Les premiers mots
Q. Jurez-vous que vous direz la vérité, toute la vérité et rien que la vérité, et que Dieu vous garde?
R. Oui.
Q. Quels sont vos noms et prénoms exacts?
R. S. Gareth Davis.
Q. Quelle est votre date de naissance?
R. Le 27 juillet 1921.
Q. De quel pays êtes-vous ressortissant? De quel pays êtes-vous citoyen?
R. Aucun

Il lui marche sur le pied et bientôt s’installe avec elle pour discuter. Il est complètement sous le charme de cette femme, Julia, et l’écoute avec passion tout en imaginant à quoi pourrait ressembler leur nuit. Elle, elle a d’autres préoccupations. Cet homme qu’elle rencontre lui fait penser à celui sur lequel elle écrit, Garry Davis. Dernier grand utopiste du 20e siècle, décédé en 2013, apatride, dont le mantra était d’instaurer la paix dans le monde.
Le narrateur se prend au jeu d’écouter cette vie tout en la comparant à la sienne.

Garry Davis erre, cherche, s’interroge. Et lit. Lire ne simplifie jamais rien, pour qui ne se contente pas de la surface des choses. Lire donne de l’assise, de l’épaisseur aux intentions. Et Garry en trouve

Passé les premières pages qui m’ont déstabilisées, j’ai été complètement fascinée par ce destin hors-pair. Raconter ici la vie de Garry Davis serait impossible tant elle est bouillonnante et surprenante. Et puis tout l’intérêt vient du fait que cette existence soit mise en mots par Frédéric Aribit qui ne s’est pas contenté de nous livrer une biographie classique mais qui par un jeu de narration intéressant permet de faire le parallèle entre la vie de Garry Davis, la vie du narrateur et de Julia et puis le monde tel qu’il est devenu.

Ce récit riche et raconté d’une manière originale est une invitation réussie à rencontrer ce grand homme, dont je n’avais jamais entendu parler, et à se poser des questions sur notre monde et ce que veut signifier être citoyen du monde. C’est une porte ouverte à la réflexion sur les identités, les nationalités, les dirigeants de nos pays qui enferment parfois plus qu’ils n’accueillent. Par le prisme de Garry Davis, c’est une formidable ode à la liberté qui nous est contée.

Merci Amandine pour ce cadeau. Vous pouvez lire sa chronique par ici.

– Et vous m’avez parlé de Garry Davis de Frédéric Aribit, Editions Anne Carrière, février 2020, 200 pages –

10 réflexions sur “ Et vous m’avez parlé de Garry Davis – Frédéric Aribit

Si vous souhaitez me laisser une trace de votre passage...

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s