La vie sauvage – Thomas Gunzig

En fait, parfois il vaut mieux ne pas se souvenir, ne pas parler et ne pas essayer de comprendre.

Les premiers mots

J’aurais pu commencer cette histoire en racontant comment on m’avait cru disparu et mort et comment c’était faux. J’aurais pu commencer en racontant comment mon père et ma mère, eux, étaient bel et bien disparus et morts, dans cet ordre ou dans l’autre. Ça aurait certainement fait un bon début d’histoires, mais comme ce n’est pas le plus important, je raconterai tout ça plus tard.

La vie sauvage, celle de là-bas, en Afrique ou celle-ci, dans une Europe souvent déshumanisée, où chacun vit pour soi, se cache derrière un paraître bien triste?
C’est la douloureuse expérience que vit Charles.
Bébé rescapé d’un crash aérien, il est sauvé d’une mort certaine par les habitants de l’île où a eu lieu la catastrophe. 17 années plus tard, grâce à une photo sur Google Map, on retrouve la trace de ce survivant et on le ramène ( de force, sans lui demander son avis) dans sa famille, chez son oncle précisément. Parmi les « siens », Charles va se rendre compte de l’absurdité de cette vie aux antipodes de ce qu’il a connu jusqu’à présent. Apparences trompeuses, manipulation, sacre de la superficialité, apologie de la violence, solitude. Charles ne restera pas là, impossible, il mourra à petit feu, surtout que de l’autre côté de l’océan, une belle et jeune femme l’attend.
Pour répartir chez lui, Charles agira comme le plus beau des salauds pour arriver à ses fins.

Si le lieu idéal d’où je venais était bel et bien le théâtre sans rideau d’inqualifiables atrocités, le lieu où je me trouvais en ce moment était bel et bien un enfer qui avait pris la peine de se construire un décor.

Cette satire sociale est assez particulière. Comment s’attacher à un gamin qui manipule et séduit sans une once d’empathie ? C’est tout le talent de Thomas Gunzig. Il nous offre un héros que j’ai adoré détester. L’auteur n’y va pas par le dos de la cuiller en allant gratter les belles dorures de notre monde. Tout y passe, la famille parfaite en apparence, l’enseignante déséquilibrée, les ados en manque de sensations fortes, la psy soi-disant sauveuse… Charles a une faculté d’observation qui force le respect, il arrive à comprendre l’autre et à trouver la faille dont il se servira après.

Une fois de plus, Thomas Gunzig fonce dans les brancards en analysant notre société parfois, souvent, malade, le tout avec une élégance folle où la poésie et la noirceur se mêlent harmonieusement.

– La vie sauvage de Thomas Gunzig, Editions Le Diable Vauvert, 2017, 336 pages –

13 réflexions sur “La vie sauvage – Thomas Gunzig

  1. keisha dit :

    Envie de lire Feel good, et j’en ai lu d’autres, mais cette vie sauvage m’a franchement déplu. Je n’ai pas cru à Google map dans cette zone là, ensuite il y a répétition (deux scènes affreuses), OK Charles est le plus beau des salauds, je suis d’accord, c’est bien fait, bien vu, mais pour un objectif sans envergure.

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