Agathe – Anne Cathrine Bomann

Encore 688 consultations. À cet instant, j’avais le sentiment que c’étaient 688 de trop.

Les premiers mots

Si je prenais ma retraite à soixante-douze ans, il me resterait cinq mois de travail. Soit l’équivalent de vingt-deux semaines et donc, si tous les patients venaient au rendez-vous, 800 entretiens exactement. En cas d’annulation ou de maladie, ce nombre diminuerait bien sûr. C’était là une certaine consolation, malgré tout.

Il compte les entretiens qui lui restent avec une assiduité déconcertante. 800 entretiens avant de prendre sa pension en tant que psychanalyste.
Les décomptes sont là pour le rassurer, pour l’aider à tenir jusque-là. Mais après ? Que faire? Sa vie, il l’a passée à écouter, à conseiller. Que va-t-il devenir ?

Et pour brouiller ses réflexions qui l’assaillent de plus en plus, Agathe, une nouvelle patiente vient le trouver avec une demande particulière : elle ne nourrit aucune ambition d’aller mieux, elle veut juste pouvoir « fonctionner ».
Cette patiente, sa dernière, dissipera un léger tourbillon dans la vie du psychanalyste au point de de questionner lui-même alors qu’il n’avait jamais pris le temps de s’y consacrer.

Cette rencontre entre deux personnes, esseulées, solitaires, aurait pu tourner aux bons sentiments. Mais c’est avec pudeur et sensibilité que Anne-Catherine Bomann distille l’intrigue. Elle se concentre sur les sentiments du psychanalyste, sur ses routines, sur la relation qu’il entretient avec sa secrétaire qu’il regarde enfin d’une autre œil que la simple relation employeur-employée.

Je maudis ma secrétaire insubordonnée; à cause d’elle, je me trouvais lié à une femme têtue, mentalement déséquilibrée, qui s’était visiblement mis en tête que je pouvais la sauver d’elle-même.

Agathe et le psychanalyste amènent à l’un et à l’autre des réponses pour que leurs vies soient moins douloureuses sans que ce soit une méthode pour « bien vivre ».
Ce court roman pourrait penser à un feel-good mais la gravité de certains passages ramènent à une histoire sensible.
Un beau moment de lecture.

– Agathe de Anne Catherine Bomann, Traduit du danois par Inès Jorgensen, Editions La Peuplade, 2019, 176 pages –

 

14 réflexions sur “Agathe – Anne Cathrine Bomann

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