Il fallait que je vous le dise – Aude Mermilliod

Ma tristesse ne savait où se mettre, je me taisais beaucoup en souriant.

Cette couverture aux tons doux invite à une lecture intimiste.
Tout d’abord, il y a cet avant-propos qui m’a directement séduite. Ces phrases-là surtout : « pour les mères, les non-mères, celles qui auraient voulu, celles qui n’ont pas pu, celles qui ont fait des fausses couches, celles qui essayent, celles qui espèrent, celles qui laissent tomber, celles qui ne veulent pas, celles qui regrettent, celles qui ne sont pas les mères qu’elles rêvaient d’être… »

Je me suis reconnue dans une de ces femmes. Cette façon de toutes nous inclure m’a rassurée, Aude Mermilliod nous parlait à toutes, pas seulement à celles qui avaient vécu l’avortement mais toutes les femmes. J’ai pensé « moi qui ne connais pas ce traumatisme, je peux essayer de le comprendre, elle m’y autorise et m’accompagne ». Et puis il y a les mots de Martin Winckler qui ajoute un point de vue d’homme, tout simplement d’humain.

Il m’était impossible de mettre des mots pour cette douleur. Elle n’était pas terrassante, je travaillais, je sortais, je riais. Par contre, elle ternissait tout.

C’est donc avec pudeur que je suis rentrée dans son récit, ne sachant quoi penser, me contenter de lire et d’être une lectrice sans jugement, juste comprendre et écouter/regarder. Et qu’est-ce que c’était beau. J’ai ouvert les yeux comme Martin Winckler a ouvert ses oreilles quand elle lui a raconté son histoire.

J’y ai ressenti toute la détresse des premiers instants, l’attente, le désespoir de cette solitude qu’elle ne peut partager.

Le deuxième récit m’a tout aussi émue. Un regard d’homme sur ce que vivent les femmes? L’Histoire en est peuplée. Mais un regard d’homme bienveillant, qui change ses pratiques, qui est à l’écoute, qui essaie de faire de son mieux dans l’intérêt de la patiente et non pour son confort? C’est bien rare mais Martin Winckler fait partie de ces hommes-là.

Elles ont aimé (un peu, beaucoup, passionnément ) : Amandine, Céline, Moka..

– Il fallait que je vous le dise d’Aude Mermilliod, Editions Casterman, 2019, 168 pages –

 

 

23 réflexions sur “Il fallait que je vous le dise – Aude Mermilliod

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