Au bord de la Sandá – Gyrðir Elíasson

La quiétude est une notion composite: elle peut être triste, redoutable, agréable, sublime, solitaire.

Les premiers mots

Ce jour-là, il faisait sombre et quelques gouttes de pluie tombaient du ciel à la dérive quand je me suis engagé dans la vallée, là où la forêt s’étale en haut des pentes. J’avais un petit sac à dos et j’ai marché d’un bon pas le long de la rivière limpide, par un sentier étroit entre les troncs des mélèzes aux effluves balsamiques aigrelets.

De son histoire, on ne connaîtra que ce qu’il veut bien nous donner à lire. Lui, c’est un homme, islandais, solitaire, marcheur, qui a élu domicile au bord de la rivière Sandá dans une caravane où ses journées sont dédiées à la peinture d’arbres et de forêts.

Quand je repense au passé, j’ai l’impression que la vie n’a été qu’un rêve interminable et, parfois, presque un cauchemar.

Dans ce roman où l’accent est mis sur la contemplation, nous sommes embarqués dans la routine de cet homme. Ses marches, ses essais de peinture, l’absence de visites de ses enfants, ses déceptions quant à ses réalisations. Car oui, ce peintre n’aime rien de ce qu’il produit, pour lui, il s’agit de « tâtonnements d’un esprit déboussolé ». Ses lectures de vies d’artistes comme Chagall l’accompagnent dans sa vie solitaire.

C’est drôle comme on s’habitue à la solitude. Au début, on a l’impression qu’elle va être intolérable. On regrette les gens et les relations. Mais, peu à peu, quelque chose d’autre les remplace. Ce que l’on considérait comme indispensable s’avère ne pas l’être forcément au bout du compte.

C’est empreint d’une certaine mélancolie et d’un silence troublant. Les journées passées ne sont pas d’une grande originalité mais ce qui ressort de ces pages est d’une belle sensibilité. Quelque peu différent des autres livres islandais que j’ai lu ( Stefánsson ❤ ), on y retrouve les thèmes chers à ces auteurs venus du grand nord et que j’aime tant : la nature, la poésie, les rêveries, la solitude…

Le billet de Lola.

– Au bord de la Sandá de Gyrðir Elíasson, traduction de Catherine Eyjólfsson, Editions La Peuplade, 2019, 160 pages –

10 réflexions sur “ Au bord de la Sandá – Gyrðir Elíasson

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