Les bâtisseurs du vent – Aly Deminne

Les plus grands voleurs du monde sont les mieux lotis. La plupart d’entre eux ne se contentent plus de ne voler que le solide. Ils volent aussi l’impalpable : la dignité, la gentillesse, la charité. Ils volent la justice aussi.

Les premiers mots

Le père de Maksim Vladimirovitch Voronov, Vladimir Ilitch, avait une curieuse mais douce réflexion sur la richesse; réflexion qu’il aimait lâcher dans le petit logis des Voronov, rue Munovskaya de Voronej: « Pauvre est le riche qui considère toujours son tout comme pas assez. Riche est le pauvre qui parvient toujours à faire du peu qu’il a son suffisant. De fait, il vaut mille fois mieux être un pauvre riche qu’un riche pauvre. »

Il n’a fallu qu’un orage pour que l’église du village soit détruite. Et il n’a fallu que deux réunions des villageois pour décider que ce serait ceux-là, ceux que l’on n’aime pas côtoyer mais qui sont quand même utiles, qui reconstruiraient le monument. Pour rien et en peu de temps.

Comment refuser quand on nous promet des papiers et une sécurité? Les promesses faites, Andreï et ses compagnons d’infortune se mettent à rebâtir l’église.
Ensemble, ces immigrés entassés dans des baraquements miteux vont se serrer les coudes et s’entraider coûte que coûte.

C’était d’ailleurs pour cela qu’Andreï ne s’aventurait plus dans ce coin-là du bourg. Pour cela, et aussi parce que les frontières lui dérangeaient le cœur. Il voyait mal le cloisonnement des horizons. Pourquoi diable s’acharnait-on à empêcher quelqu’un d’atteindre la ligne qu’il admirait au loin ?

Une histoire d’amitié et d’hommes aux grands cœurs se profile tout au long de ces pages. Une histoire qui a des allures de conte où l’humanité transpire et fait du bien.
Même s’il y a un côté un peu manichéen, les riches sont les vilains et les pauvres sont les gentils, j’ai trouvé ce premier roman assez convaincant tant dans la forme que dans le fond.

C’est une impression de nostalgie qui m’a enveloppée pendant ma lecture. N’ayant que peu d’indices sur la période à laquelle se déroule l’histoire, on se doute que c’est dans les années 70 – 80, j’avais le sentiment qu’elle aurait pu se passer n’importe où et n’importe quand tant le thème était universel. La solidarité qui enveloppe ces personnages est belle à lire et fait du bien.
Sans (trop) tomber dans le feel-good, ce roman est une jolie parenthèse.

– Les bâtisseurs du vent d’Aly Deminne, Editions Flammarion, 2019, 288 pages –

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