Le petit paradis – Joyce Carol Oates

Ici, mon statut d’Exilée m’interdit de parler à quiconque de ma condamnation ou de ma vie d’avant l’Exil, et je me sens doublement isolée.

Les premiers mots

Ils ne seraient pas venus me chercher si je n’avais pas naïvement attiré l’attention sur moi. Si je n’avais pas osé de mon plein gré ce que je n’aurais pas dû oser.

Dans l’Amérique totalitaire de 2039.

Pour avoir osé poser des questions sur le régime auquel les habitants sont tous soumis, pour avoir osé porter un jugement mal considéré, pour avoir osé tout simplement réfléchi sans être un mouton, Adriane est envoyée dans le passé, en 1959 dans une université et ce pendant 4 ans. Le choc est rude et horrible pour cette jeune fille. Tout lui est inconnu car dans sa vraie vie cette histoire de l’Amérique lui a été cachée.

Ici, dans Le petit paradis, elle ne peut en aucun cas dire qui elle est mais elle remarque bientôt un professeur d’université qui ne la laisse pas indifférente. Et si lui aussi venait du même endroit qu’elle?

Ma peine est « seulement » de quatre ans. J’aurais pu être condamnée à « Perpétuité ». Ou à la Suppression.

Lire un livre de J.C Oates peut être excitant et enivrant. J’ai des souvenirs de lecture où elle m’avait complètement prise au piège avec des personnages forts et assez sombres. Ici rien de tout cela.

Elle installe ses personnages dans un genre assez nouveau pour elle, la dystopie. Et clairement, ils n’ont pas du tout la même saveur que ceux de ses précédents livres. Je n’ai pas retrouvé les réflexions intimes , la noirceur qui les caractérise et la tension grandissante. En un mot, je me suis ennuyée ou alors je n’ai pas compris le message qu’elle voulait faire passer. Et pourtant il y avait matière : critique des Etats-Unis, régime totalitaire, liberté bafouée…

Madame Oates, je ne vous en veux pas mais s’il vous plaît , reprenez vos recettes anciennes, donnez-nous des  hommes et des femmes torturés dans une Amérique que vous savez si bien d’écrire.

– Le petit paradis de Joyce Carol Oates, traduction de Christine Auché, Editions Philippe Rey, 2019, 304 pages – 

15 réflexions sur “Le petit paradis – Joyce Carol Oates

  1. Lili dit :

    Il faut vraiment que je la découvre dans le genre de romans dont tu parles. Pour l’instant, je n’ai lu que deux des romans de sa trilogie gothique, qui m’ont plu mais sans plus, mais il parait que ce n’est pas du tout représentatif de son genre…

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  2. ourdarkmaterials dit :

    Une fois sur deux je suis déçue par cette autrice. Ma dernière déception ça été Valet de pique (vraiment imbuvable) alors j’attends ma prochaine lecture de Oates avec impatience (ça devrait être du très bon normalement si l’on suit l’algorithme!).

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  3. Choup dit :

    J’adore Oates, mais cela fait des années que je ne l’ai pas lue. J’ai plusieurs livres dans ma PAL qui m’attendent. Je vais éviter celui-ci, même si pourtant le sujet de la dystopie me plait beaucoup…

    Aimé par 1 personne

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