Les esclaves oubliés de Tromelin – Sylvain Savoia

Elle pensait que rien ne pouvait être pire que leur capture.
Mais l’imagination se limite aux champs de la connaissance.

Ils sont parqués par centaines dans le fond de la cale. Sans air, les corps les uns sur les autres. Les Blancs clouent des lattes de bois devant leurs yeux et c’est leur monde qui s’éteint. Soudain, un grand bruit se fait entendre, les hommes crient, l’eau s’infiltre, la fin est proche.
Ensuite, c’est le chaos, chacun pour soi, pour sa survie. Au petit matin, ils sont sur une île, seuls au monde, entre Blancs et esclaves, la pseudo-hiérarchie reprend ses droits. Il faut trouver de l’eau et vite car leur temps leur est compté. Maintenant, il faut prier. Dieu ou d’autres divinités. Ça va durer 15 ans.

Plus de deux siècles plus tard, les recherches sur ce naufrage continuent afin de ne pas oublier ces hommes et ces femmes qui ont péri et qui ont survécu sur ce petit coin de terre. Ce paysage de carte postale est le lieu idéal pour un dessinateur en quête de vérité et d’émotions.
C’est un travail titanesque que de chercher des squelettes, des objets de ces esclaves. C’est encore plus éprouvant quand on sait qu’ils ont été abandonnés et qu’ils ont dû créer des abris pour se protéger des ouragans, creuser un puits pour l’eau potable et essayer de garder espoir. On sait que la vie a continué puisque lors de leur sauvetage, les 7 rescapées tenaient un bébé dans leur bras. Car de ces soixante esclaves, il ne reste que 7 femmes, de quoi brosser un portrait fort de ces survivantes.

Ce récit de survie ne peut pas laisser insensible. Ces esclaves sont restées des années seules avec l’infime espoir d’être sauvées sans abandonner.
La partie contemporaine est tout aussi intéressante car l’auteur offre de réelles réflexions sur le passé, le futur de notre planète. Tout est très fort.
Les dernières pages de la bande dessinée retracent avec intérêt les résultats des recherches.

Sur la plage, le silence est accablant. Le vide grandit dans leurs corps à mesure que le navire s’éloigne. Et dans leurs têtes résonne un proverbe qu’ils associeront désormais aux blancs…
 » L’homme mauvais est comme une pierre que l’on jette sur le pente d’un précipice. Il ne s’arrête qu’au fond de l’abîme. « 

L’avis de Moka 

– Les esclaves oubliés de Tromelin de Sylvain Savoia, Editions Dupuis, Collection Air Libre, 2015, 120 pages – 


… c’est chez Noukette

Publicités

34 réflexions sur “Les esclaves oubliés de Tromelin – Sylvain Savoia

Si vous souhaitez me laisser une trace de votre passage...

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s