Le poids de la neige – Christian Guay-Poliquin

La nuit a faim. Les flocons sont carnivores.

Les premiers mots

La neige règne sans partage. Elle domine le paysage, elle écrase les montagnes. Les arbres s’inclinent, ploient vers le sol, courbent l’échine. Il n’y a que les grandes épinettes qui refusent de plier. Elles encaissent, droites et noires. Elles marquent la fin du village, le début de la forêt.

Trente-huit, quarante-deux, soixante-trois, cent treize, deux cent cinq, deux cent cinquante-trois… les noms des chapitres annoncent la montée de la neige. Angoissante, affolante.

Dans une maison, deux hommes ne se connaissent pas et pourtant ils doivent veiller l’un sur l’autre. L’un, le plus jeune est blessé aux jambes et dépend entièrement du plus âgé. L’autre n’a qu’un espoir, que cette satanée neige fonde et qu’il puisse partir de ce village perdu pour rejoindre celle qui l’aime. Mais l’attente est longue, très longue. Vivre à deux demande des efforts et il est difficile de s’y tenir. Plus le temps avance, plus l’espérance que cet hiver termine s’amoindrit.

La tempête de neige hurle. On dirait qu’elle s’impatiente à l’idée de me recouvrir, de m’étreindre, de se refermer sur moi. Qu’elle salive avant de me dévorer.

Que j’ai aimé ce livre.
Que j’ai aimé cette ambiance feutrée, ces craquements de la neige qu’on devine, ces deux hommes bourrus et solitaires obligés de vivre ensemble. Christian Guay-Poliquin arrive avec maitrise à apporter un climat à la limite de la claustrophobie mais avec certaines percées vers le monde extérieur.

La lenteur du livre peut en désarmer plus d’un mais sachez que la tension entre ces deux hommes est bien palpable et rend la lecture prenante, sans temps mort. 

Peu d’actions, une économie de mots, ce livre est une pépite hivernale qui ravira ceux qui désirent prendre leur temps.

(N.B: pour ceux qui l’ont lu, avez-vous remarqué que tous les prénoms des personnages, excepté celui de Matthias, commençaient par la même lettre? )

– Le poids de la neige de Christian Guay-Poliquin, Editions de l’Observatoire, 2018, 260 pages – 

 

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21 réflexions sur “Le poids de la neige – Christian Guay-Poliquin

  1. flyingelectra dit :

    et moi j’ai détesté ! j’ai pourtant essayé, j’ai lu 50 pages puis j’ai l plein de passages plus loin mais rien à faire 😉 Je me suis demandée pourquoi, je n’ai pas du tout adhéré au style et les deux hommes me sont restés indifférents.. bref, contente que tu aies aimé de ton côté. Moi j’ai abandonné…

    Aimé par 1 personne

  2. Marie-Claude dit :

    Je suis ravie de découvrir tant d’enthousiasme. Je n’en attendais pas moins, contrairement à Electra qui n’a rien compris!
    Maintenant, je te recommande vivement « Le fil des kilomètres », qui se déroule avant « Le poids de la neige ». Toujours un huis-clos, cette fois en voiture (le narrateur est en route pour aller retrouver son père…)

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