Comme un seul homme– Daniel Magariel

Elle se serait accusée du mauvais temps si cela avait pu écourter d’une seconde ce déferlement de violence.

Les premiers mots

Mon père faisait des embardées pour éviter les voitures, il conduisait trop vite, klaxonnait. J’ai posé la tête sur la sangle de la ceinture de sécurité, m’efforçant d’ignorer la vitesse à laquelle il roulait, sans savoir s’il essayait d’éviter la tempête ou s’il était juste en colère contre moi.

Il compare ça à la guerre. Un combat durement mené pour la garde de ses deux fils. Combattre quitte à mentir pour que cette « salope » n’ait aucun droit. Ses deux fils le suivent aveuglément car eux aussi sont contre leur mère. C’est tellement évident: elle n’a jamais pu garder un travail, elle se languissait chez elle, ne s’occupait pas de ses enfants…
Une fois la « guerre » terminée, c’est une nouvelle vie qui s’ouvre devant eux. Mais tout ne se passe comme prévu, les démons intérieurs du père resurgissent et bientôt la drogue (re)fait surface, obligeant les deux frères à ne compter que sur eux deux et non plus sur leur père.

En fait, certaines fois, elle était tellement terrorisée face à lui qu’elle baissait les bras, tout son être renonçait, comme s’il ne restait plus en elle que le seul recours d’implorer sa clémence.

Quel ignoble personnage que celui du père, de la terreur à la manipulation, il fait de ses enfants  des êtres apeurés. L’auteur n’épargne pas ses lecteurs et on se rend compte, tout comme les enfants, que la violence des premières pages s’intensifiera par la suite. La violence psychologique est telle que la mère renonce à tout, elle sait qu’elle n’aura aucune chance face à cet homme sans limite.

Daniel Magariel aborde cette histoire tout en gardant une certaine distance (bien que l’histoire soit racontée par le plus jeune des fils), comme pour ne pas sombrer avec les personnages. On ne connait ni les prénoms des enfants, ni celui du père et de la mère. Mais cette distance ne m’a pas empêchée d’être touchée par le destin de ces garçons.

Des lecteurs ont regretté l’épilogue, moi au contraire, je l’ai trouvé à sa place et nécessaire.

– Comme un seul homme de Daniel Magariel, Traduction Nicolas Richard, Editions Fayard, 2018, 192 pages – 

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3 réflexions sur “Comme un seul homme– Daniel Magariel

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