Mon désir le plus ardent– Pete Fromm

On va commencer le décompte de nos vies tout de suite. On a des décennies devant nous, Mad. Toi et moi, côte à côte, front contre front. Peau contre peau. Une vie entière.

Les premiers mots

Les coups d’oeil. Les regards ébahis. Les oeillades furtives. Ils plongent Dalt dans une fureur biblique. À deux doigts du châtiment divin. Du calme mon grand, ce n’est pas pour moi. Une vieille chouette en fauteuil roulant, les bras secoué de spasmes? Ils en ont vu d’autres. Allons, allons. Ce qui fait tourner les têtes, ce qui décroche les mâchoires, c’est Dalt en train de pousser le fauteuil. Dalt, l’inspiration originelle du David de Michel-Ange, maqué avec cette harpie?

À la folie passionnément, Mad et Dalt. A la vie, à la mort. Découvrir ce Michel-Ange à l’humour dévastateur. Rencontrer Mad et sa volonté de fer. Courir les eaux déchaînées. Se marier. Affronter le pire et pouvoir en rire. Etre à deux, pour toujours, c’est « mon désir le plus ardent« . Vouloir des enfants, pour contrer le destin. Ne pas y arriver mais le meilleur c’est d’essayer. Se battre contre cette saloperie de sclérose. S’aimer, encore et toujours. Se prendre pour le couple le plus veinard de tout l’univers et avoir raison. Penser à l’autre, tout le temps. Se prendre des claques par la vie et vouloir se relever. Élever des enfants et les aimer d’une force incommensurable.  Subir ce corps qui flanche, cette main qui tremble et ces mots qui se perdent. S’envoyer des saloperies au visage et s’envoyer en l’air juste après. Faire l’amour, jusqu’au dernier souffle.

Mais je n’ai que vingt-sept ans, merde. Je cours les rivières. Je franchis tous les rapides, même les pires, sans la plus petite hésitation. J’ai une santé de fer. Moi dans un fauteuil roulant, secoué de spasmes, tête pendante, mains sur les genoux, agitées de courants invisibles ?

Mad et Dalt. Une des plus belles histoires d’amour qu’il m’ait été donnée de lire. Une vie de passion pour oublier la maladie. Un couple chanceux et conscient de leur chance. Deux personnages inoubliables. Une écriture rapide qui se lit comme une urgence. Des sanglots pour terminer le livre et des mots qui sortent ici sans queue ni tête tellement la force de ce récit m’a embarquée. Vouloir serrer l’être aimé et lui dire « tout ira bien entre nous, pour toujours ». Et se dire qu’on est aussi des veinards. 

Je l’ai ravagé. Il m’a ravagée. On s’est ravagés.

– Mon désir le plus ardent de Pete Fromm, Traduit par Juliane Nivelt, Editions Gallmeister, 2018, 288 pages – 

 

37 réflexions sur “Mon désir le plus ardent– Pete Fromm

  1. Lilly McNocann dit :

    Ta chronique est magnifique, et donne vraiment envie de lire ce roman… Tes mots me suffiraient presque ! En tout cas, je l’ajoute immédiatement à la liste de livres dans lesquels j’aimerais plonger, je suis certaine que ce sera une belle découverte. Merci.

    Aimé par 1 personne

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