Je suis une fille de l’hiver– Laurie Halse Anderson 

Est-ce que je préfère mourir à cause de ce qui se passe en moi ou à cause de ce qui se passe malgré moi?

Les premiers mots

Elle me l’annonce comme ça, les mots dégoulinent de sa bouche entre les miettes de muffin à la myrtille, et les virgules trempent dans son café. Elle me le dit en quatre phrases. Non cinq. Je n’ai aucune envie d’entendre, mais c’est trop tard. Les faits bruts me pénètrent, me poignardent en pleine poitrine. Et quand elle vient au pire…
… toute seule, ils ont retrouvé le corps dans une chambre de motel…

33 fois.
Avant de mourir, Cassie a appelé Lia 33 fois et elle n’a répondu à aucun appel. Elles n’étaient plus amies, pourquoi aurait-elle répondu?
La mort de son ex-meilleure amie entraine Lia encore plus profondément dans la maladie qui la dévore depuis des années, l’anorexie. Agée de 18 ans, Lia est malade et n’a pas encore trouvé le chemin de la guérison. Ses parents l’ont déjà hospitalisée mais sans succès. Le drame qui la touche agit comme une bombe: les souvenirs lui reviennent en pleine face et Cassie la hante jour et nuit.

La nourriture, c’est la vie. Et c’est bien là le problème. Quand on est vivant, les gens peuvent nous faire du mal. Il est plus facile de se réfugier dans une cage en os, une congère ou dans la confusion. Plus facile d’enfermer tout le monde dehors.
Mais c’est un mensonge.

Il est parfois difficile de trouver les mots pour un livre qui vous a pris aux tripes, qui vous a rappelé des personnes chères, qui  distille des souvenirs au gré des pages. Parfois, il n’est pas besoin d’expliquer…

Pas besoin d’expliquer davantage ce qui arrive à Lia. C’est un chemin tortueux et rempli d’épines qu’on parcourt avec elle. Une descente en enfer.

Pas besoin d’expliquer davantage que ce livre touchera ceux qui de près ou de loin ont côtoyé cette maladie.

De la relation difficile avec les parents, des injonctions de manger qui ne servent à rien, des chantages affectifs, de la volonté de disparaitre, du corps en trop, de la peau que l’on voudrait découper, de la force pour perdre le moindre gramme, de la résistance physique qui se barre, Laurie Halse Anderson s’est documentée sur tous ces points et nous livre un roman puissant sur une adolescente perdue et terriblement seule. 

– Je suis une fille de l’hiver de Laurie Halse Anderson, Editions J’ai lu, 2018, 320 pages – 

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15 réflexions sur “ Je suis une fille de l’hiver– Laurie Halse Anderson 

  1. Marie-Claude dit :

    Il me tente… J’étais passée à côté à a parution, mais en poche, difficile de résister.
    J’avais lu, de Laurie Halse Anderson, « Vous parlez de ça ». « Ma mémoire est un couteau » m’attend dans ma pal. Aussi bien dire que je vais tout lire d’elle!

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  2. Laeti dit :

    Je pense qu’il t’a marquée parce que c’est un sujet que tu affectionnes et parce que tu as traversé les mêmes choses. Sur le même thème je me rappelle de Sobibor et Le complexe du papillon et elles font partie de mes plus belles lectures.

    Aimé par 1 personne

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