Aux noces de nos petites vertus – Adrien Gygax 

Au bal masqué, nous voulions être les derniers arrivés et les premiers partis.

Les premiers mots

Je ne voulais pas y aller, moi, mais ils m’ont convaincu. Quelque chose jaillissait du monde pour me débaucher, toujours. Je savais que je traînais un peu de ma répugnance derrière moi en montant dans le train, j’en avais toujours un peu avec, ça me rendait ce monde plus digeste. J’aurais préféré le voir en photographies, ce mariage, plutôt que de traverser l’Europe avec ma valise et mes envies de marche arrière.

Paul, George et le narrateur sont invités à un mariage d’un ami en Macédoine. Les deux premiers sont plus ou moins contents, le troisième traine les pieds. Il ne croit pas en l’amour et encore moins aux promesses d’un amour unique et fidèle. Pourtant arrivé à destination, il se prend au jeu des noces et surtout s’enivre de plus belle. George et lui rencontrent alors une belle invitée, Gaïa, qui les séduit tous les deux alors qu’elle est accompagnée de son fiancé.
Les deux jeunes hommes jouent à celui qui pourra la conquérir et la détourner de son compagnon. 
L’ivresse aidant, ils vont proposer à Gaïa de partir avec eux à Istanbul pour quelques jours. Elle accepte et c’est le début d’un ménage à trois, d’une histoire d’amour au pluriel, de chambres et de soupirs partagés. Sous le soleil turc, le narrateur revient un peu à lui, recommence à croire à l’amour et se voit déjà main dans la main avec Gaïa et espère « réapprendre doucement à aimer une femme. » 

Moi, je n’avais pas simplement plus de goût pour rien, ni même pour le malheur, et c’était bien plus grave encore.

Pendant quelques pages, le narrateur a réussi à m’entrainer avec lui dans ses divagations sur l’amour, les femmes et la vie. Son regard teinté de pessimisme et de désillusions me plaisait car le tout était raconté de manière assez symbolique et métaphorique. Je ne me suis même pas arrêtée à ce genre de phrases qui auraient pu me faire fermer le livre « Ah mon bon con, tu verras combien coûte une femme! Alignez les zéros, rechargez les calculettes ».

C’est pour ça qu’elles existent, les femmes. Pour aimer les hommes, d’abord, pour les détruire ensuite, et finalement pour les écouter.

Mais voilà… à force de divagations embrumées d’alcool (le narrateur est quasiment saoul tout au long du roman), j’ai peiné à finir ce livre. Les figures de style à répétition m’ont complètement ennuyée, je ne ressentais rien à la lecture des aventures de ce héros. Pourtant , l’écriture assez « sensorielle » aurait pu me plaire et me convaincre. Les sensations décrites sont poétiques et « vivantes ». Mais à force de vouloir jouer sur une atmosphère nébuleuse et fantasmagorique, l’auteur a oublié ses lecteurs sur le bord de la route, en tout cas moi je ne l’ai pas suivi.

– Aux noces de nos petites vertus d’Adrien Gygax, Edition Cherche Midi, 2017, 160 pages –

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