Surface de réparation– Olivier El Khoury

Je suis né sans encombre, sans résistance. Dans un flegme insolent qui me collerait à la peau et me sauverait de l’emprise de ma destinée pathétique. 

Les premiers mots

C’est pas qu’il m’aimait pas mon père, ou qu’il était pas heureux de me voir arriver, non. C’est pas pour ça qu’il a pesté quand il a appris la nouvelle. J’arrivais au mauvais moment, tout simplement. Question de timing. En y repensant, j’aurais sans doute réagi de la même manière. Si mon gamin avait décidé de naître au moment précis où le Club de Bruges était mené au score contre le rival invétéré à deux journées de la fin du championnat, on n’aurait pas pu me décoller de l’écran pour me cloîtrer dans une chambre d’hôpital à entendre ma femme et mon marmot brailler en choeur. 

En 17 tableaux, le héros raconte des situations de sa vie qui l’ont aidées à se construire, à devenir un adulte. Qu’elles soient drôles, cocasses ou dramatiques, elles sont décrites avec une franchise à toute épreuve et un langage parfois cru et incisif. 

La première scène donne le ton: le père, fan de foot, est contraint d’abandonner un match pour se rendre à la maternité pour la naissance de son fils, un peu furieux de manquer son équipe préférée, il en voudra à son fils d’être né un tel jour.
Il va très vite inoculer le virus à son fils qui sera un fervent supporter. Mais ce n’est pas la seule passion de ce 
jeune belge d’origine marocaine. Le sexe est sa deuxième grande préoccupation. Malheureusement pour lui, il a quelques difficultés à conclure. Les attentats et les stigmatisations ne vont pas l’aider non plus. 

Et ma picole était mélancolique. Je buvais des larmes de fiel et je prenais chaque regard comme un coup de poing de mépris en plein abdomen. Mes yeux erraient, vides et tristes, je m’isolais, m’exilais parfois en plein milieu d’une soirée, sans prévenir, puis avec le sentiment que ça ne gênait personne que je disparaisse comme ça. Un fantôme.

C’est un premier roman assez sympathique. Pas le meilleur mais pas le pire non plus. J’ai aimé la liberté de ton même si parfois ça frôle la vulgarité. Le héros est un jeune comme on en rencontre tout le temps, pas sûre de lui, pas très ambitieux mais avec un humour assez cinglant. Il m’a toutefois manqué un peu de liant entre les différentes scènes, les situations sont décrites assez vite. 

L’auteur est un de mes compatriotes et il signe ici un premier roman aux propos intéressants. A voir s’il gardera la même verve avec ses suivants.

– Surface de réparation d’Olivier El Khoury, Editions Noir sur blanc, Collection Notabilia, 160 pages – 

 

3 réflexions sur “Surface de réparation– Olivier El Khoury

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