Le monde selon Garp– John Irving

Si Garp avait eu le droit de formuler un seul souhait, un souhait immense et naïf, il aurait souhaité pouvoir transformer le monde en un lieu sûr. Pour les enfants, pour les adultes.

Les premiers mots

La mère de Garp, Jenny Fieds, fut arrêtée en 1942, à Boston, pour avoir blessé un homme dans un cinéma. Cela se passait peu de temps après le bombardement de Pearl Harbor par les Japonais, et les gens manifestaient une grande tolérance envers les militaires, mais Jenny Fields, pour sa part, restait inébranlable dans l’intolérance que lui inspirait la conduite des hommes en général et des militaires en particuli.

« Le monde selon Garp »…  ce titre résume à lui seul cette oeuvre unique.

La vie de Garp nous est offerte dès les premiers instants, de sa conception jusqu’à sa mort. Entre les deux, Garp dévoile sa vie passionnante et l’histoire des personnages qui gravitent autour de lui. Car « Le monde selon Garp » ce n’est pas seulement l’épopée de Garp mais bien de certains hommes et surtout de toutes ces femmes qui ont fait de lui ce qu’il est : un homme, un écrivain, un père, un amant. 

Dans la vie de Garp, il y a d’abord sa mère, Jenny, une femme qui a voulu un bébé toute seule car elle n’avait aucune envie d’homme dans sa vie. Durant toute son existence, elle se battra pour faire accepter ce choix hors du commun pour l’époque. Elle expliquera ses choix et son mode de vie dans un livre qui deviendra un best-seller et qui sera considéré comme une bible par les femmes.

Je voulais travailler et je voulais vivre seule. Cela me rendait,  sexuellement parlant, suspecte. Ensuite, je voulus avoir un enfant sans être, pour autant, obligée de partager mon corps ni ma vie pour en avoir un. Cela aussi faisait de moi une suspecte, sexuellement parlant.

Ensuite, il y a Helen, sa femme et la mère de ses enfants, qui le soutient et l’admire et connaît tant ses faiblesses que ses forces. Les autres femmes qui apparaissent ont chacune un rôle particulier et important.

Lire « Le monde selon Garp » c’est entré dans un univers assez particulier. C’est d’abord un livre pudique. Les sentiments de Garp sont amenés avec une grande intelligence, rien n’est en trop. Et pourtant certains passages auraient pu être larmoyants... C’est aussi un livre empli d’humour, d’un humour fin et parfois cynique.
« Le monde selon Garp » est particulièrement moderne
, les sujets évoqués ne sont pas monnaie courant en 1978… la transsexualité, la monoparentalité, le féminisme, la place du père dans la famille... autant de sujets captivants menés d’une main de maître!

John Irving nous permet aussi d’être aux premières loges dans la construction du métier d’écrivain de Garp en y insérant les nouvelles et débuts de romans que Garp écrit. Même si j’avoue avoir passé quelques passages de ses écrits, le reste est d’une belle intensité. 
J’ai adoré suivre l’histoire de cet homme même si j’ai souffert de quelques longueurs mais heureusement que le caractère de Garp m’a vite fait oublier ces petits bémols. C’est un homme qui doute, qui a peur, qui se pose mille questions. John Irving décrit ici un portrait d’homme fascinant et terriblement humain. 

Ce livre me réconcilie avec l’auteur qui ne m’avait pas convaincu avec « Je te retrouverai » qui m’était tombé des mains. 

– Le monde selon Garp de John Irving (traduction Maurice Rambaud), Editions Points, 1995 (pour ladite édition), 653 pages – 

 

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12 réflexions sur “Le monde selon Garp– John Irving

  1. Marie-Claude dit :

    Que de souvenirs… Je me rappelle avoir été conquise par tant d’audace dans les thèmes.
    Garp reste un personnage inoubliable. J’ai délaissé son oeuvre depuis une dizaine d’années, déçue par les derniers romans lus… Ses premiers romans restent, à mon avis, inégalables.

    Aimé par 1 personne

  2. booksmoodsandmore dit :

    Le monde selon Garp est une de mes plus grandes émotions littéraires. Un de ces romans qui a été fondateurs de mes goûts littéraires, une révélation.
    J’ai ensuite lu l’Hôtel New Hampshire, et j’ai enchaîné d’autres titres de John Irving, jusqu’au dégoût, tant j’avais l’impression de tourner en rond autour des mêmes thèmes (notamment ces ours et cette lutte, omniprésents).

    Aimé par 1 personne

    • mespagesversicolores dit :

      Je comprends tout à fait ce « dégoût » qu’on peut avoir pour un auteur, j’ai eu la même chose pour Olivier Adam…à la fin j’étais aussi déprimée que ses personnages… maintenant je suis prête à le retrouver !
      Quel serait le roman d’Irving que tu me conseillerais? J’ai déjà en tête Une prière pour Owen.

      Pour en revenir à Irving et à ce roman, il et peut-être un peu tôt pour me prononcer mais je crois sincèrement qu’il tiendra une place de choix dans ma bibliothèque !

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