Je n’ai rien vu venir– Eva Kavian 

Faut pas croire qu’ils vont se suicider. Ils ne savent même pas qu’ils ne sont plus en vie.

Les premiers mots

Je n’ai rien vu venir. C’est ce que je lui ai dit. Sabrina doit avoir l’âge de Laura. Sur la porte de son bureau, il était écrit « Sabrina ». Elle me posait des questions et des questions. Les mots d’une question se mêlaient à ceux de la suivante. Je l’aurais écoutée pendant des heures. Sa voix me réchauffait.

Jacques n’a rien vu venir. Hier, il avait un boulot, une femme et des enfants et aujourd’hui, il se retrouve à la rue sans savoir à qui s’adresser pour avoir de l’aide. Il atterrit alors dans un centre qui l’héberge, en contre-partie, Jacques doit montrer qu’il essaie de s’en sortir. Mais comment? Sans travail, avec peu ou pas de qualification, il est difficile de retrouver une place dans la société.

Dans ce centre, il rencontrera d’autres abandonnés de la vie, des hommes à qui le destin a tourné le dos. Grâce à eux, il essaiera de reprendre goût à la vie

Eva Kavian donne la parole aux invisibles, à ceux qu’on évite dans la rue, ceux auxquels on n’adresse même pas un regard. De ce court récit poignant, il en ressort une grande humanité et une profonde empathie pour ces êtres perdus. L’autrice a été observée quelques sans-abris et même si les faits relèvent de la fiction, force est de constater que malheureusement, la réalité est bien pire. 

– Tu veux mourir?
– Non. Mais je ne sais plus vivre.

C’est un livre qui permet d’estimer ces hommes, de ne pas voir en eux que ce qu’ils sont mais de considérer leur vie d’avant. 

Ce récit m’a beaucoup intéressée et j’aurais aimé connaitre en parallèle des destins de femmes à la rue. 

Merci à Laeti pour le prêt!

– Je n’ai rien vu venir d »Eva Kavian,  Editions Weyrich, collection Plumes du Coq, 2015, 128 pages – 

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8 réflexions sur “Je n’ai rien vu venir– Eva Kavian 

  1. LaFée dit :

    Je ńai jamais lu cette auteure, parce qu’elle est venue dans mon école, que je l´ai trouvée désagréable et que mes élèves Evers ont gardé un mauvais souvenir de cette rencontre … tu crois que je devrais passer ou ?

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  2. Laeti dit :

    Un excellent éclairage sur le sans-abrisme, qui nous sensibilise et nous émeut. C’est un récit très réel car il reflète ce qui se passe vraiment dans les centres d’accueil et les difficultés auxquelles sont confrontés les sans-abris. Ce que je retiens de ce roman, c’est vraiment cette dimension de sensibilisation! Et c’est un thème qui permet le débat.

    Aimé par 1 personne

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