Impurs– David Vann

Sa mère, une perturbation constante, une déchirure dans le tissu de l’espace et du temps. Aucune paix possible quand elle était dans les parages.

Les premiers mots

Galen attendait sa mère sous le figuier. Il lisait Siddhartha pour la centième fois, le jeune bouddha contemplant la rivière. Il sentait l’énorme présence du figuier au-dessus de lui, écoutait le non-vent, le calme. La chaleur estivale accablante, aplatissant la terre. La sueur comme une pellicule recouvrant presque tout son corps, une enveloppe.

Dans la vie de Galen, il y a des femmes. Toxiques, manipulatrices, perverses, perdues. D’abord sa mère. Sa vie est tout simplement régie autour de ce fils qu’elle aime par dessus-tout. Ensuite, on découvre sa tante, obnubilée par l’argent de la grand-mère. Sa cousine n’est pas en reste. Très portée sur le sexe, elle profite sans vergogne de l’attirance qu’elle produit sur son cousin encore puceau. Enfin sa grand-mère, placée dans un home et dont la fortune attire ses filles.

Le roman s’articule autour de ces personnages qui même s’ils se détestent tous profondément, se côtoient sans arrêt…. On sent alors que la tension déjà bien présente dès les premières pages ne va que s’intensifier et devenir étouffante jusqu’à l’inévitable.

Elle avait fait de lui une sorte d’époux, lui, son fils. Elle avait chassé sa propre mère, sa sœur et sa nièce, et il ne restait plus qu’eux deux, et chaque jour il avait le sentiment qu’il ne pourrait supporter un jour de plus, mais chaque jour il restait.

Inutile de vous le cacher, j’ai énormément peiné à lire ce livre. Entre un dégoût profond pour les personnages et le traitement adopté, j’ai mis deux semaines à le lire, si bien que j’ai alterné avec un autre livre pour faire passer la pilule.

Cette histoire m’a tout d’abord mise très mal à l’aise. Cette relation mère-fils m’a complètement parue perverse. A aucun moment, je n’ai compris les motivations des personnages à vouloir se fréquenter alors que leur seule ambition à tous était de se déchirer. Ensuite, les divagations métaphysiques de Galen m’ont franchement ennuyée. David Vann s’est amusé à remplir des pages sur les digressions du jeune homme. Et enfin, certaines scènes sont tout simplement infectes à lire: que ce soit les paroles balancées des filles à leur mère, du fils à sa mère, des relations sexuelles de la cousine avec le cousin…

J’ai hésité à l’abandonner en cours de route mais vu que je l’avais acheté, je me suis dit qu’il fallait que je fasse un effort. Il aura été laborieux et je suis encore incapable de comprendre ceux qui parlent du « Meilleur roman de David Vann ».

David Vann sur le blog: Sukkwan Island Aquarium

Impurs de David Vann (Traduction Laura Derajinski), Editions Gallmeister, Collection Totem, 2016, 256 pages – 

 

26 réflexions sur “Impurs– David Vann

  1. Marie-Claude dit :

    Pas son meilleur, j’avoue. Le personnage de la cousine m’avait vraiment indisposée. J’ai abandonné le roman pour y revenir plus tard et je ne l’ai pas regretté. David Vann est tordu, mais tout de même redoutable. J’aime ce genre de romans toxiques, mais à petites doses.

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  2. revanbane45 dit :

    Étouffant, mal à l’aise, tu décris parfaitement ce que je ressens quand je lis du David Vann, c’est un auteur complètement à part je trouve mais nous sommes quand même attirés par ses romans… Je pense me procurer celui-ci maintenant que j’ai pu évacuer de ma tête Sukkwan Island 😉

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  3. AMBROISIE dit :

    Je fais totalement confiance à ton avis depuis que grâce à toi j’ai découvert Entre ciel et terre, magnifique roman poétique. Je n’ose pas trop faire confiance aux éditions Gaillmester depuis que j’ai lu Faye que j’ai abandonnée tellement ce livre m’avait ennuyé.

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  4. Laeti dit :

    Comme tu sais, j’ai été fortement secouée (comme beaucoup) par Sukkwan Island que j’ai trouvé très malsain. Pour ce titre-ci que tu présentes malgré tout à merveille (si si), je laisse tomber. Mais je reviendrai peut-être à lui avec Aquarium qui a l’air un peu plus à portée de tous. Je me demande vraiment pourquoi on peut être amené à écrire ce genre de choses???? ^^

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  5. Le Joli dit :

    J’ai eu beaucoup de mal avec ce livre aussi, et pourtant, j’aime vraiment ce qu’écrit David Vann en général, mais là c’était trop.
    Pour moi les meilleurs sont Dernier jour sur terre, Aquarium et Sukkwan Island !

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