George– Alex Gino

Un jour, il faudrait bien qu’elle dise à maman qu’elle était une fille. Mais ce jour n’était pas encore arrivé.

Les premiers mots

George sortit une clé argentée de la plus petite poche d’un grand sac à dos rouge. Maman avait cousu la clé à l’intérieur pour qu’elle ne se perde pas, mais le fil n’était pas tout à fait assez long pour atteindre la serrure quand le sac était posé à terre. Donc George fut obligée de rester en équilibre sur un pied en maintenant le sac sur le genou de l’autre jambe.

George est un petit garçon de dix ans qui est né dans le mauvais corps, il sait qu’il est une fille. Mais comment en parler aux autres? Sa mère est bien trop occupée, son père est inexistant et son frère préfère jouer à des jeux vidéos. Alors elle se tait ( « elle » car tout le récit est au féminin), elle lit des magazines en cachette, rêve de s’appeler Mélissa, imagine de jouer le rôle féminin au spectacle de l’école. Mais elle commence à en avoir assez de ne pas être elle-même. Aidée de sa meilleure amie elle va tout faire pour obtenir le premier rôle de la pièce et enfin prouver à tous qu’elle est une fille.

C’est avec beaucoup d’espoir que j’ai entrepris cette lecture jeunesse (voire très jeunesse). En effet, je ne connais pas grand chose à la transidentité, à la transsexualité et je me réjouissais de lire ce roman dont j’avais entendu le plus grand bien, sachant qu’il a été écrit par une personne trans. Mais j’ai vite déchanté.

J’ai tout d’abord trouvé l’écriture assez plate et sans relief. Je ne sais pas si c’est dû à la traduction ou à une volonté délibérée d’Alex Gino mais il m’a manqué de force et d’un soupçon de style. Et enfin, j’ai été assez frappée par les stéréotypes présents dans le récit alors que ce livre aborde la notion de genre! George est fascinée par le maquillage et le rose et les garçons représentés sont soit fades ou caïd!
Le personnage de George ne m’a pas non plus convaincue, j’aurais tellement voulu plus d’introspection ( et même si c’est un roman jeunesse il peut y en avoir!) pour pouvoir la comprendre. J’ai tout de même apprécié son courage.

Elle se demanda où elle pourrait bien trouver un endroit sûr de ce type et si elle rencontrerait d’autres filles comme elle. Peut-être qu’elles pourraient parler ensemble de maquillage. Peut-être même essayer des rouges à lèvres

Je me pose la question de cette simplicité: est-ce dû au public ciblé? Si oui, il aurait fallu pousser un peu plus pour permettre aux enfants qui sont peut-être dans le cas, de pouvoir avoir des réponses claires à leurs questions. Le postulat de départ était pourtant bien choisi et affiché comme tel sur la quatrième de couverture. 

– George d’Alex Gino, Editions L’Ecole des Loisirs, 2017, 176 pages – 

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9 réflexions sur “George– Alex Gino

  1. flyingelectra dit :

    peut-être est-ce du à la volonté de s’adapter au public visé ? sinon, j’ai déjà vu plusieurs documentaires (souvent aux USA), hier soir il y en avait un sur M6 (pas vu, mais enregistré). Je pense qu’on peut trouver mieux en terme de lecture (non fiction adulte)

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  2. Laeti dit :

    Dommage car comme toi, je suis intéressée par le sujet. en plus l’aborder à travers un petit garçon doit être super émouvant. Adapté au public visé? Ok mais ça n’empêche que l’auteur peut y inclure plus de sensibilité (qui manquait d’après ton avis), et sortir un peu des clichés. Justement, c’est ce qu’on essaie de faire aujourd’hui avec les enfants, éviter les clichés et stéréotypes de genres.

    Aimé par 1 personne

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