Les règles d’usage– Joyce Maynard

Je ne sais pas ce qui est le plus dur. (…) Quand on a la sensation de ne plus pouvoir continuer, ou quand on commence à se rendre compte qu’on continuera.

Les premiers mots

L’origine de son nom, Wendy en connaissait bien l’histoire.
Ton père voulait t’appeler Sierra, commençait toujours sa mère, parce que tu as été conçue dans les monts de la Sierra Nevada, où on était allés camper. Pour pêcher la truite, bien sûr. Mais depuis toute petite, j’ai toujours dit que si j’avais une fille je l’appellerais Wendy.

Un matin comme un autre, Wendy part à l’école. Elle n’a pas le temps de dire au-revoir à sa mère, la dispute qu’elles ont eue récemment est encore présente dans la tête de la jeune fille. Mais nous le sommes le 11 septembre 2001 et Janet, la mère, travaille dans une des tours. Les jours qui suivent sont fait d’attente et d’angoisse. Le beau-père de Wendy, Josh,  placarde à tout-va des affiches de sa femme pour avoir au moins un indice sur ce qui lui est arrivé. 

La vie de Wendy prend un tour nouveau avec l’arrivée de son père qu’elle n’a plus vu depuis 3 ans et qui lui propose d’aller habiter chez lui, en Californie. Elle en avait rêvé de ce moment mais tout d’un coup, elle se rend compte qu’elle devra quitter Josh, Louie son demi-frère et sa meilleure amie. Malgré les doutes qui l’assaillent elle part à la rencontre de cette nouvelle vie où elle devra se reconstruire. Sous le soleil de Californie, elle découvrira quelques personnes qui l’aideront à relever la tête

Autrefois, Wendy croyait qu’il y avait un ensemble de règles dans la vie, dont la principale était que certaines choses, comme sa famille et le monde où l’on vivait, ne devaient jamais changer. Ses parents étaient aussi indissociables du paysage que les lions flanquant le perron de la Bibliothèque municipale de New York ou – elle aurait pu vraiment y penser en ces termes avant – les tours jumelles au bas de Manhattan.

J’attendais cette lecture depuis longtemps. Le sujet du 11 septembre m’attirait. Je voulais comprendre comment un auteur peut réussir à aborder ce thème sans aller dans le pathos. J’avais aussi une envie de voir tout le chemin de reconstruction qu’une adolescente et une famille doivent entreprendre pour essayer de s’en sortir. J’avais déjà une idée de la qualité d’écriture de Joyce Maynard pour traiter de l’adolescence grâce aux livres « Les filles de l’ouragan » et « L’homme de la montagne » et je m’attendais à ce que le personnage de Wendy soit aussi beau. 

J’ai été absorbée par la première partie. Joyce Maynard distille les souvenirs de la famille avec Janet tout en suivant les vaines recherches. Wendy est touchante et les relations qu’elle entretient avec son petit frère sont émouvantes. On y découvre une ado qui se cherche, qui a des difficultés de communication, qui a des envies de partir… L’auteure analyse avec brio cette période de l’adolescence. Les personnages sont forts et très bien construits. 

Arrivée à la deuxième partie, où Wendy arrive chez son père, j’ai déchanté. J’ai trouvé que ce passage arrivait bien trop tard. Je ne pensais plus que la jeune fille allait y arriver! J’ai ensuite souffert de ma lecture à cause des nombreuses digressions sur le passé de la famille. J’ai aussi eu des difficultés à m’attacher aux autres personnages qui sont apparus dans la vie de Wendy. 

Et pour tout avouer, j’ai terminé le livre en diagonale. Je ne l’ai pas abandonné totalement, je souhaitais savoir ce qui allait advenir de cette jeune fille mais ça n’a pas du tout été le coup de coeur que j’attendais. 

En une semaine, c’est ma deuxième déconvenue (voir Le pianiste blessé) ! Ce n’est pas de chance mais heureusement la semaine prochaine je reviens avec quelques coups de cœur!

Pour lire des avis beaucoup plus enthousiastes que le mien, je vous invite à lire ceux d’Electra, Eva, Laeti et Marie-Claude.

– Les règles d’usage de Joyce Maynard, Editions Philippe Rey, 2016, 480 pages – 

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26 réflexions sur “Les règles d’usage– Joyce Maynard

  1. Laeti dit :

    Je te rejoins sur les longueurs présentent en deuxième partie du roman, et aussi sur le côté « tout-le-monde-il-est-beau-et-gentil ». Mais malgré ça, c’est selon moi une superbe histoire d’adolescent. Maynard aborde aussi le deuil tout en retenue, sans dénaturer le drame de ces attentats, mais sans tomber dans la pathos. J’espère que tu tomberas sur une meilleure lecture prochainement 😉

    Aimé par 2 personnes

  2. flyingelectra dit :

    L’homme de la montagne – mon premier roman m’a fortement marqué, je te le conseille, à nouveau des ados mais dans un thriller. J’ai adoré !
    pour celui-ci, je te rejoins sur quelques bémols, mais dans l’ensemble je n’ai pas eu autant de difficultés que toi 😉

    Aimé par 1 personne

  3. Marie-Claude dit :

    J’ai été plus enthousiaste que toi! Tes bémols ne m’ont pas assez agacées pour que je les soulève. Maintenant, à bien y penser, je dirais qu’il aurait été parfait comme roman pour ado…
    Wendy reste un beau portrait d’adolescente (beaucoup plus saine que d’autres que je rencontre!)

    Aimé par 1 personne

  4. Céline dit :

    D’autres que toi ont eu des réticences et trouvé des longueurs ! Je crois qu’aux Etats-Unis, le livre a été publié en jeunesse ce qui explique peut-être ce côté un peu édulcoré. Personnellement je suis complètement fan de la plume de Maynard, elle a une façon de parler de l’amour et des relations qui me touchent énormément. J’ai beaucoup aimé ce titre, mais mes deux préférés sont « Et devant moi le monde », et « Long week-end » !

    Aimé par 1 personne

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