Plein feu sur des albums jeunesse [1]

Les gens disent que les filles, ça doit faire comme les filles, les garçons, ça doit faire comme les garçons.
On n’a pas le droit de faire un geste de travers.
Tiens, c’est comme si on était chacun dans son bocal.
-Comme pour les cornichons?
-Oui, comme pour les cornichons.

En feuilletant les livres de la section jeunesse de ma bibliothèque, j’ai été intriguée par le logo suivant.

La bibliothécaire m’a alors informée que ces livres avaient fait l’objet d’une exposition sur la censure ou sur des livres portant à polémique. Depuis les symboles sont restés. J’ai demandé les autres titres et voici ceux que j’ai lus et appréciés. Tout en les lisant, je me suis rendu compte que je n’avais jamais eu en main ce genre de livres étant petite! Certains datent pourtant des années 70 et 90.

  • Mademoiselle Zazie a-t-elle un zizi? de Thierry Lenain et Delphine Durand, Editions Nathan, 1998, 30 pages – 

Je connais Thierry Lenain grâce à un titre qui m’est précieux (« La fille du canal) qui aborde le thème douloureux de la pédophilie. L’auteur n’a donc pas peur d’aborder certains thèmes et c’est tant mieux! Le livre qui nous intéresse date de 98 et aborde la question des filles qui n’ont pas les préoccupations « habituelles » qui leur sont parfois assignées. Zazie aime grimper aux arbres, joue au foot et elle ne dessine jamais de princesse! Son comportement intrigue Max, un garçon de sa classe qui a décidé de classer les personnes dans deux catégories: les Avec-zizi et les Sans-zizi. Alors quand Zazie ne répond pas aux critères, c’est tout son monde qui en est perturbé!

J’ai lu ce livre avec mon neveu de quatre ans et demi (le livre est plutôt conseillé aux enfants de 6 ans) et il a adoré autant que moi. Il est encore à penser comme Max et à la lecture de ce livre, il comprenait que Zazie pouvait tout aussi bien aimer les mêmes choses qu’un petit garçon. Le ton utilisé est compréhensible tout en utilisant l’humour. J’ai apprécié les traits de Zazie ainsi que les couleurs. Cela donne un certain charme à ce « petit » livre.

  • Marre du rose de Nathalie Hense et Ilya Green, Editions Albin Michel Jeunesse, 38 pages – 

Bon j’avoue, quand j’étais petite, j’étais du genre « princesse ». Pour moi, toutes les filles aimaient le rose! En grandissant, j’ai affirmé enfin mes goûts et ils ont quelque peu changé. Alors quand j’ai vu ce titre, j’ai directement sauté sur l’occasion. La petite fille du livre n’aime pas le rose, elle le hait. Ce qu’elle aime c’est le noir mais ces goûts ne sont pas acceptés par tous, sa mère la traite de « garçon manqué » et quand elle demande pourquoi elle ne peut pas aimer les mêmes choses que les garçons, elle n’entend que « C’est comme ça »… A ces côtés, un garçon de sa classe vit la même chose, lui est attiré par les perles, les poupées. Cette fille ne veut pas être un garçon manqué, elle veut être une fille mais une fille qui n’aime pas le rose.

J’ai directement aimé le dessin et les traits de cette petite fille. Ils sont vifs et beaux! Ils mettent en scène la vie quotidienne et les comportements des filles, qu’elles aiment le rose ou pas. Le message est ouvert, on peut être ce que l’on veut, on peut aimer plusieurs choses. Un beau message à faire passer aux plus jeunes.

  • Les chatouilles de Christian Bruel et Anne Bozellec, Editions Gallimard, 1980 (première édition), 32 pages – 

Sans une parole, le livre raconte les chatouilles de deux enfants. Petit à petit, les vêtements volent, les rires fusent. Rien de plus et pourtant… certains se permettent de commenter avec un ton assez virulent, voir le commentaire trouvé sur le site de Babelio :

« une honte de livre, des enfants qui s’enlèvent mutuellement leurs vêtements sous couvert de « jeux », le petit garçon finit fesses à l’air le pantalon aux chevilles et a enlevé le haut de la petite fille, dans le final ils font on ne sait quoi sous la couette, et … finissent par s’endormir, tout naturellement …
de gros sous entendus grossiers et qui n’ont rien à faire entre les mains d’un enfant mais bien d’un pédophile.

livre à grosse polémique sur internet. se renseigner. à déconseiller voir à brûler. »

Inutile de dire que cette personne n’a pas compris le but du livre. Je trouve les dessins très tendres. Ils évoquent la complicité de frère et sœur (ou ami) comme la plupart des personnes aimeraient en avoir. De là, à y voir une ode à la sexualité… je pencherai plus pour la découverte du corps et de l’autre.

  • Histoire de Julie qui avait une ombre de garçon de Christian Bruel, Anne Galland, et Anne Bozellec, Editions Thierry Magnier, 1975 (première édition), 54 pages – 

Ce livre a été un coup de cœur. Il relève avec poésie des questions profondes et personnelles. Julie commence à avoir une ombre qui la suit, une ombre de garçon. Elle se questionne, questionne ses parents et c’est toujours la même chose et elle s’entend dire qu’elle n’est pas comme tout le monde, qu’elle pourrait faire des efforts. 

J’ai aimé le ton et surtout les phrases si justes qui parsèment l’ouvrage. Tout comme dans « Marre du rose », Julie va rencontrer un garçon qui ne répond pas aux cases. Tous deux seront liés et pourront se confier l’un à l’autre.

Si vous avez d’autres idées d’albums dans le même style, je suis preneuse!
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7 réflexions sur “Plein feu sur des albums jeunesse [1]

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