Les corps inutiles– Delphine Bertholon

Elle avait quinze ans depuis quelques jours.
Elle avait mille ans depuis quelques minutes.

Les premiers mots

Quinze ans
Elle souriait, sifflotait même, peut-être – une chanson entendue à la radio juste avant de partir, de quitter la maison, heureuse de s’en aller, comme une grande: elle avait rarement le droit de sortir le soir, c’était exceptionnel. Mais il fait jour encore, l’air était tiède et l’école finie. Dans deux mois, évidemment, on en reparlerait (le lycée, le changement), mais pour l’heure, c’était bel et bien terminé.

J’aurais voulu écrire  ce billet à chaud mais je n’y suis pas arrivée… par manque de temps mais surtout par manque de mots. Pus de deux semaines après ma lecture, je vous livre mon ressenti sur ces Corps Inutiles qui signe ma deuxième rencontre avec Delphine Bertholon (Coeur-Naufrage ici)

Le livre s’ouvre sur l’agression sexuelle de Clémence alors qu’elle n’a que 15 ans. Ce traumatisme, elle le vivra seule sans en parler. Les raisons de ce mutisme sont assez obscures mais elle préfère ne rien dire car la seule personne à qui elle ose en parler lui rétorque « que ce n’est pas grave, il n’y a pas eu de viol ». Alors elle enterre cette souffrance. Mais son corps réagira autrement en lui ôtant toute sensibilité. Elle ne ressent plus rien, ni le chaud, ni le froid, ni les pulls qui grattent, ni les douces sensations. 15 ans plus tard, elle est devenue maquilleuse dans une usine qui fabrique des poupées pour adultes.

La suite, c’est à vous de le découvrir. . Mais comme dans son dernier roman, il s’agit d’une histoire de reconstruction. Comment survivre à un traumatisme et comment se défaire de ses blocages.

Quand on ne sent pas physiquement la chaleur de l’autre, aimer est impossible.

J’ai été emportée par ma lecture et il m’était presque impossible de lâcher Clémence. Alors que l’héroïne ne ressent plus rien, que son cœur s’est barricadé pour ne plus souffrir, j’ai été prise dans un tourbillon d’émotion. Je ne sais pas si je l’ai préféré ou pas à Coeur-Naufrage, mais je me suis sentie beaucoup plus proche de cette jeune femme.

Delphine Bertholon aborde aussi d’autres thèmes comme celui des relations familiales mais celui qui m’a le plus touché est incontestablement celui de la relation au corps. Sa souffrance m’a serré le cœur et j’ai eu plusieurs fois les larmes au bord des yeux et quelques frissons.

Je ne pouvais pas terminer ce roman sans remercier Laeti. Elle me parle de ce livre depuis un an (au moins!) et je sais que ce livre est important pour elle. Qu’elle soit rassurée, il tient maintenant une place de choix dans ma bibliothèque.

– Les Corps Inutiles de Delphine Bertholon, Editions Livre de Poche, 2016, 352 pages – 

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24 réflexions sur “Les corps inutiles– Delphine Bertholon

  1. Laeti dit :

    Tes mots sonnent juste pour parler de ce roman qui a été une révélation. Sans doute a-t-il une place privilégiée dans mon Coeur parce que c’était ma première lecture de Delphine Bertholon. C’est mon préféré de tous ceux que j’ai lus. Clemence m’a bouleversée comme toi! Merci pour le clin d’œil de fin 😉 cette auteure mérite d’être connue!!

    Aimé par 1 personne

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