Bilan du mois belge

Je l’attendais avec impatience ce Mois belge et il est passé à une vitesse folle. Merci à Anne pour la gestion de celui-ci!

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La leçon de chant– François Emmanuel

Parler de livres et de musiques permettait aux mots de peser moins.

Les premiers mots

Elle s’avance sur la scène des Cordeliers, les lustres de la salle sont éteints, il s’établit un silence étrange. Je vois le liseré blanc du proscenium, le détail en lumière rasante des lames du plancher d’où surgit la masse noire du trois-quarts queue. L’image dans ma mémoire est très précise, quoique intermittente, comme s’il s’agissait d’un film dont ne me restent que quelques séquences.

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Blessures– Paul Willems

Alors on se souvient du soleil.

Les premiers mots

Oscar Trogh, le charretier, vivait par les grands-routes. Il aurait pu nous parler de bien des choses si son cerveau n’avait pas été obscurci par la bière et si sa pensée avait pu s’intéresser à autre chose qu’aux quatre ou cinq problèmes qui se posaient à lui, à savoir : ne pas s’endormir au pas de ses chevaux, ralentir l’allure lorsque la sueur s’amassait en écume blanche entre les cuisses de sa jument Julia, pousser du bout du fouet le nonchalant Boule, s’arrêter à temps pour faire souffler les chevaux et faire coïncider ces arrêts avec une halte au cabaret.

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On n’a rien vu venir– Roman à 7 voix

Ça s’est mis en place petit à petit, on n’a rien vu venir. Tant qu’on est pas concernés, tant que ça se passe chez le voisin, on fait le dos rond, nous les premiers.

Les premiers mots

Mon père est comme un fou depuis ce matin. On dirait que c’est le soir de la Coupe du Monde et que son équipe fétiche est en finale.
– Assieds-toi, Stef, ça va commencer!
Un vrai lion en cage qui attend son steak. Je n’aurais jamais cru que des élections puissent le mettre dans un état pareil.

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Zebraska– Isabelle Bary

Je suis un zèbre dans un monde d’antilope. Je suis un strié de l’âme.

Les premiers mots

Je ne sais pas très bien par où commencer… C’est déjà un commencent, non?
En tout cas, ce livre est né quand j’appartenais encore à la catégorie de ceux qui n’arrivent pas à poétiser leurs privilèges. Vous voyez? Non! eh bien, un peu le genre de type qui prend la vie pour un handicap et qui se complaît dans cette insatisfaction. C’était il y a trois mois, la veille de Noël 2049. Mon père était entré dans ma chambre, l’air sérieux et doux à la fois, une mixture étrange dont il détient le monopole, en prononçant mon nom comme on entame une déclaration: Martin…

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